"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Août 2008 | ||||||||||
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Notre pays a marqué une petite pause, hier, dans la querelle entre partisans et opposants du CPE. Certes, le Président de la République est intervenu, apportant sans réserve son soutien à son Premier ministre. Mais ce « sans réserve » du chef de l’Etat est en lui-même inquiétant. N’avait-il pas, en effet, de la même manière, adopté jadis « sans réserve » la proposition de Dominique de Villepin lui enjoignant de dissoudre l’Assemblée ? Quant à l’Opposition, elle a mis tout son espoir dans la soumission au Conseil Constitutionnel d’une loi qu’elle juge discriminatoire, espérant que les juges, comme hier le Conseil d’Etat pour le Clemenceau, obligeront Paris à revoir sa copie.
Pendant ce temps, les étudiants vont d’AG en AG pour préparer la grande manifestation de jeudi, en attendant celle de samedi. La France est-elle donc entrée dans une « longue marche » qui préfigure le chaos? Certains en rêvent. Et, paradoxalement, ils ne sont pas si éloignés des tenants de l’ordre. Ils s’en rapprochent même, suivant la formule du « rien à perdre et tout à gagner ». Aussi faut-il se méfier.
Car les « illuminés de l’apocalypse » n’auront jamais qu’un credo : il faut que cela change pour, demain, en profiter. Chacun doit donc, et en ce moment plus particulièrement, faire la part des choses entre les bonnes intentions et les douces illusions. Chacun doit aussi participer au débat et donner de la voix.
Au besoin même en ressortant notre fameux principe de précaution, celui-la même avancé par les deux camps pour justifier leur position. Envers, d’un côté, un CPE qui ne servirait que les mauvais patrons et leur donnerait prétexte à exploiter et licencier et, de l’autre, un CPE panacée qui permettrait une première expérience sans risque ni précarité. Et de plaider alors, pour un temps limité, le confinement de la… loi. Le temps de la soigner, de la vacciner ou même, si besoin, de la supprimer.
Ce qui serait, n’en doutons pas, une seconde chance extraordinaire pour rappeler les hommes à leurs engagements et à leurs obligations. Et leur faire mémoire de leurs mensonges ou de leurs démissions.
Car le découragement n’est jamais porteur d’Histoire. Il n’est qu’un rendez-vous raté. Et que dire de l’affrontement sinon qu’il n’est jamais porteur de solutions. Quant au chômage, au centre du débat d’aujourd’hui, il n’est que la négation de la création et de la solidarité des hommes. Alors, de grâce, évitons d’appeler de nouveau à cette démission coupable des institutions qui préfèrent bien souvent « nourrir » l’exclusion que la combattre. Et osons toucher aux « grands équilibres » qui ne sont, de toutes façons, que châteaux d’argile devant les… jeunes générations.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
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