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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 29 mars 2006

Seul, désormais, semble-t-il, le Conseil constitutionnel pourra faire plier Dominique de Villepin. Car l’homme est tellement sûr de son bon droit, tellement pétri de certitudes, tellement convaincu que le dialogue n’est que l’articulation de la loi qu’il ne cédera pas d’un pas. Ni même d’un pouce. Le Premier ministre a toujours préféré Montaigne à Joseph de Maistre et considéré que « les lois se maintiennent en crédit non parce qu’elles sont justes, mais parce qu’elles sont lois ». Alors que le second expliquait que « la loi juste n’est point celle qui a son effet sur tous, mais celle qui est faite pour tous ». Les Sages ont à trancher sur le même dilemme et devront dire demain s’il est juste qu’un CPE soit fait pour quelques-uns. S’il est normal que l’on puisse déroger aux règles du Code du Travail pour espérer faire employer à l’essai, dans les meilleures intentions du monde, toute une jeune génération. En clair, sera-t-il possible à l’avenir de substituer les incitations fiscales à l’emploi par des incitations sociales, de remplacer la baisse des charges par une diminution des obligations légales. Et, au final, d'espérer multiplier les contrats pour avoir obtenu un jour le droit de les précariser.

Le Chef du gouvernement ne peut admettre aujourd’hui voir logiquement raison et politiquement tort. Il ne comprend pas que, majoritaire à l’Assemblée, il ne puisse légiférer en toute tranquillité, sans comptes à rendre à quiconque, ni à l’opposition, ni à la population. Homme de lettres et poète à ses heures, il a pour la fermeté le langage de Voltaire. « Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu’il soit instruit ». Mais la société a changé et ne croit plus depuis longtemps à ses élites. Elle les tolère tout en espérant qu’elles le méritent. Ce qui explique souvent que ceux qui durent sont aussi ceux qui ne font… rien. Dominique de Villepin a ainsi près de lui un mentor qui a créé l’ANPE et n’est pas près de la supprimer, qui l’encourage à tenir bon, mais n’hésitera pas à s’en séparer. Car il n’a pas fait, lui, de la « réforme » une question personnelle. Pour lui, le respect de la législature et des institutions n’a jamais été affaire de posture, mais seulement de… candidature.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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