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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Samedi 1 avril 2006

Décidément, la fin de la Vème République n’en finit pas de surprendre. Elle avait déjà accepté la cohabitation, qui était une perversion des Institutions, et elle permet désormais que l’on promulgue des lois tout en proposant aussitôt d’en voter d’autres qui puissent en changer les termes. Pourquoi pas ! Au point où l’on en est. A quand, désormais, une loi sur la gratuité des transports en commun que l’on pourrait demain assortir de l’obligation d’acheter un billet.

Jacques Chirac, hier, en ne voulant donner ni vraiment tort, ni totalement raison à la rue ou à son Premier ministre, n’a finalement satisfait personne. Ni son gouvernement, ni les syndicats et, sans doute, encore moins les étudiants. Le Président ne voulait ni d’un retrait humiliant, ni d’une suspension-démission, mais, en décidant d’une « transformation », il a, en fait, obtenu tout à la fois. Car la loi promulguée créant le Contrat Première Embauche ne sera jamais appliquée en l’état. Et la signature de tout contrat CPE devra attendre la ratification des modifications.

La langue française est vraiment formidable quand elle créé ainsi de ces subtilités que l’étranger nous envie. Mais que le monde entier ne nous envie pas car il ne comprend pas. En effet, derrière les mots et un certain panache, la réalité ne trompe personne. Notre pays recule, dans tous les sens du terme. Tant du point de vue démocratique que du point de vue social. Jamais fossé n’aura été aussi grand entre le peuple et les élites. A tel point, maintenant, que quoique chacun dise, quoique chacun fasse, l’autre n’entend pas ou n’écoute pas. C’était déjà un peu cela « l’exception française », un mélange de culture et d’archaïsme, un zeste de clientélisme et d’immobilisme. C’est désormais plus encore, un mélange d’autoritarisme et de dirigisme avec un zeste de révolte et de révolution.

A qui fera-t-on croire, ce matin qu’il n’y a dans cette histoire de CPE, ni vainqueur, ni vaincu ? Le Premier ministre a certes eu sa loi, qu’il pourra même faire encadrer, mais il doit aussi manger son chapeau car elle va être modifiée en profondeur. Quant aux syndicats, ils n’ont certes pas obtenu formellement le retrait, mais le désaveu caché d’une méthode et l’acceptation tacite d’un nouveau débat et de nouvelles modalités. Même si la primauté des discussions semble laissée aux députés.

Malheureusement, avec un tel discours, le Président, en ne voulant pas faire simple quand il pouvait faire compliqué, a pris un grand risque. Celui de ne pas être… écouté.  

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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