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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Dimanche 9 avril 2006

Depuis près de cinquante ans, ils régentent tout. Ils « fournissent » l’essentiel des dirigeants des organismes publics, semi-publics, privés à participation de l’Etat, des grandes administrations, des cabinets ministériels et de leurs assistants. Ils sont de gauche ou de droite, voire parfois d’extrême gauche ou d’extrême droite. Ils sont tous sortis du même moule, même s’ils ont des activités et des idées différentes. Avec d’égales certitudes sur les choses de la vie, les ressorts et les moteurs de l’économie, les modes de gestion et de lutte contre l’inflation, à défaut d’avoir les mêmes approches. Et, tous complices du refus de changer, ils ont réussi la performance de plonger la France des « Trente Glorieuses » dans des décennies de décadence. Avec des centaines de caisses vides, des injustices par milliers, des chômeurs et des fonctionnaires par millions et des dettes par milliards. Tout cela avec notre complicité.

Pierre Viansson-Ponté, dans son premier tome de « l’Histoire de la République gaullienne » démontait bien le système : « Le technocrate, gaulliste ou non, avait bien souffert sous la IVe république. Il n’était jamais assuré du lendemain; les gouvernants défilaient comme les images du kaléidoscope et chacun lui donnait des ordres contradictoires en insistant sur ses responsabilités… Or le technocrate, contrairement à la légende, n’ambitionne pas de régner, mais aime au contraire à être commandé. En 1958, il découvre avec soulagement et espoir la situation dont il n’osait rêver… Mieux, parmi les ministres, figurent d’emblée plusieurs grands commis qui assurent ainsi à leur département une double « couverture », à la fois politique et administrative… Les technocrates ont enfin leur République »… La situation n’a guère changé, même si la France en a déjà payé le prix fort. On ne peut même pas en vouloir à Michel Debré  d’avoir créé en 1945 l’établissement public de l’Ecole nationale d’administration. A l’époque, l’école avait seulement « vocation » à former les futurs cadres supérieurs de l’Etat. Ce n’est plus vrai aujourd’hui puisque le site internet de l’ENA précise qu’il s’agit désormais d’une « école européenne de gouvernance » destinée à la « formation des décideurs publics de demain ». Il y a, dès lors, de quoi frémir. Non seulement en voyant la liste des anciens élèves capables encore aujourd’hui de sévir, mais surtout, en constatant leur présence tout aussi nombreuse dans l’impressionnante liste des candidats putatifs à l’élection présidentielle de 2007.Tant à droite qu’à gauche. Certes, la gauche a l’avantage. Dans la guerre des « promotions » qui s’annonce, elle compte déjà quatre conscrits contre seulement deux pour la droite. Le promotion Voltaire est, par trois fois, la mieux représentée, mais, là aussi, la gauche reste la mieux armée avec deux candidats qui entretiennent plus que des relations d’amitié. Ainsi donc l’ENA semble encore bien placée pour l’emporter.

Mais si la France réfléchissait un peu, cette constatation devrait elle-même servir de sélection. Et cette particularité de la plupart devrait les disqualifier. La France n’en peut plus, en effet, de ne connaître au sommet de l’Etat, à de très rares exceptions près, que des prétendus « serviteurs » de l’Etat qui n’ont fait que le… dépouiller.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Commentaires

oui , mais qui réagira , quel homme ou quelle femme , qui sera à la fois honnête et assez ambitieux(se), ces deux mots dans le contexte actuel d'individualisme me semblent assez contradictoires, si l'on fait bien son travail, surtout en politique, on mécontente nécessairement une partie de l'opinion, ce n'est pas l'idéal pour être réélu, et si l'on est ambitieux, il est indispensable d'être réélu, un homme politique de gauche, ayant ensuite viré à droite avait confié " une fois qu'on a goûté aux motards , qui escortent la voiture officielle, on ne peut plus s'en passer ", je crois qu'il faudrait dépolitiser le débat, écarter les idées politiques , et confier le destin d'un pays à un  collège d'expert en économie, pour faire un diagnostic précis de ce qui ne va pas , va bien , , ce qu'il faut faire pour tirer le pays , et donc la population vers le haut , les partis ne seraient là que pour le social, pour réguler les problèmes humains, depuis  plusieurs décennies , des décisions stupides, destinées à faire plaisir à l'une ou l'autre frange de la population ont appauvri, désespéré, entrainé justement un individualisme forcené, ont conduit à l'émigration de talents, aux délocalisations,  bref , la politique ne marche pas, on peut obliger les gens par des règles à vivre d'une certaine façon en apparence, mais le génie humain( ou le génie malin , au sens de mal) contournera toujours les règles qui n'emportent pas son adhésion. Je n'ai pas de solution, en dehors du bulletin de vote .  
commentaire n° : 1 posté par : NADAU Françoise le: 09/04/2006 11:27:47

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