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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 14:44

« Je n’arrête pas de naviguer, mais je ne sais pas ce que je ferai après ». Norbert Sedlacek fait partie de ces quelques « petits budgets » et sans-grades qui, le 9 novembre prochain, s’élanceront sans complexe, comme les autres skippers plus célèbres, à l’assaut de l’Everest des mers. L’Autrichien du « Vendée Globe » sait bien qu’il n’a aucune chance de gagner, mais, à la barre de son vieux Nauticsport Kapsch, le premier 60 pieds autrichien, il « veut » boucler son tour du Monde. Q’importe son classement et le nombre de jours. C’est pour lui une question d’ « aboutissement ».

L’ancien conducteur du métro de Vienne a déjà été le premier Autrichien à effectuer le tour de l’Antarctique à la voile. A l’énergie, comme la première fois où il avait fait le tour du monde en construisant son bateau. Aussi, sept ans après, et fort d’une première expérience avortée dans le Vendée Globe 2004 pour cause d’avarie de quille, il pense être enfin prêt pour réaliser son rêve. Sa notoriété ayant grandi au pays, plus d’ailleurs sous la rubrique « aventure » que sous la rubrique « sport », il a eu moins de soucis pour boucler son budget de 750.000 euros. Et, aujourd’hui, il attend sereinement les dernières vérifications et l’heure du départ sur les pontons de Port-Olona. Sans impatience, mais avec détermination. « Je ne crains pas la solitude » dit-il « car au bout de trois semaines de mer, on se sent bien et on prend ses habitudes ». Norbert Sedlacek profitera aussi de ses quelques temps libres pour perfectionner son parler français. « J’ai emmené un dictionnaire, des cassettes et un logiciel interactif pour bien prendre l’accent ». Il pensera aussi sûrement à son fils qui reviendra de Tahiti à la barre de son « Oasis III » et qu’il croisera peut-être au cap Horn.

Pourtant, on cherche en vain les  photos de famille dans son carré. Mais rien, à part un autocollant de sa mascotte. « Il y a 100% d’humidité dans le bateau après trois semaines de mer . Tout serait vite abîmé ». Il est vrai que l’aluminium condense beaucoup. Alors Norbert Sedlacek garde ses portraits chéris dans son ordinateur. Et dans son cœur.

Mardi dernier, il est allée faire quelques courses aux Sables-d’Olonne et a ramené quatre petites bouteilles de Champagne et quatre petites bouteilles de vin rouge. « Ce sera pour marquer les étapes » dit-il. « Une bouteille pour fêter le passage de l’Equateur. Une autre pour Noël. Une pour la nouvelle année ». Une quatrième sera également débouchée pour fêter son anniversaire, le 27 janvier prochain. « Une autre pour le Cap Horn », poursuit-il avant d’enchaîner « une pour le retour à l’Equateur et, enfin, une grande pour l’arrivée aux Sables-d’Olonne ». Quant à la huitième, celle dont il n’a pas encore parlé, « elle sera pour les jours de grande déprime ou d’incident ». Dans ces moments-là, qu’on lui souhaite rares, il écoutera aussi sa musique à fond, hard-rock et heavy métal au programme. Sinon, si la mer lui en laisse le loisir, l’homme se laissera volontiers bercer par de la musique classique ou, mieux encore, « par Dido et Madonna ».

Question nourriture, Norbert ne compte pas profiter de la course pour faire de la grande cuisine. Il adore les céréales très énergétiques que l’on consomme au petit-déjeuner. « Je pars aussi avec 40 kg de pâtes chinoises ». « Et avec toutes les épices ». Histoire de se mitonner des pâtes à toutes les sauces. Le skipper autrichien redevient néanmoins sérieux quand il évoque les passages difficiles et, notamment, les icebergs et les glaces flottantes. Il se méfie beaucoup de ces rencontres brutales précédées parfois d’un brouillard à couper au couteau. « Tout change et peut changer très vite autour de soi ». Mais chaque jour sa peine. Et, pour l’heure, il faut d’abord ranger les voiles. Quant à son avenir…, tant sur mer que sur terre, il est encore trop tôt pour y penser. On en reparlera peut-être après les « 110 ou 120 jours » qu’il compte mettre pour « boucler la boucle » dit-il avec un large sourire.

Jean-Paul Busnel

Article paru dans "Le Courrier du Vietnam" du 24 octobre 2008

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Published by La crise n'est pas une fatalité
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