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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 12 avril 2006

« Soif d’idéal » chante encore Alain Souchon… C’est vrai que l’on peut toujours rêver. D’un monde meilleur comme d’un univers plus fraternel. D’un siècle de Lumières comme d’une décennie de prospérité. D’un Etat plus solidaire comme d’une nation plus soucieuse de bien-être. D’autant que les rêves ne coûtent pas cher et qu’ils « sont les clés pour sortir de nous-mêmes » disait l’écrivain belge Georges Rodenbach. Et Dieu sait si la période est propice… Tant l’Europe semble en quête aujourd’hui d’un sauveur universel face à la mondialisation sauvage et l’énergie qui augmente toujours, aussi sournoisement que le chômage.

L’homme est ainsi fait qu’il désire souvent ce qu’il n’a pas. Toujours en quête du Graal, mais attendant qu’on le trouve à sa place. Persuadé que l’avenir est en marche et qu’il y trouvera son nid tout préparé. Croyant au miracle, à la génération spontanée, aux vertus du bénitier ou à l’humanisme universel. Doux rêveur ou optimiste invétéré, il se laisse guider et inspirer par le chant de l’utopie. Dans cet esprit, « l’économie libérale », disait Georges Sorel, « a été un des meilleurs exemples d’utopie que l’on puisse citer. On avait imaginé une société où tout serait ramené à des types commerciaux sous la loi de la plus parfaite concurrence; on reconnaît aujourd’hui que cette société idéale serait aussi difficile à réaliser que celle de Platon ». Il en a été de même pour le communisme qui devait aboutir à la suppression des classes sociales et à la répartition des biens de consommation suivant les besoins de chacun. Et que dire du socialisme qui, en 1981, s’était présenté comme la seule alternative de progrès, le « juste milieu » entre le collectivisme et le libéralisme. Force est malheureusement de reconnaître que tous ces « systèmes » ont engendré bien des déceptions. Pourtant, à l’origine de chacun d’entre eux, les idées étaient généreuses.

Mais un modèle ne le reste jamais s’il n’est bien développé. Au contraire même, il se pervertit s’il n’est… qu’utilisé. Car parler d’une société comme d’un principe mathématique figé, c’est n’être assuré que de deux choses : sa naissance et son déclin. Et la France n’échappe pas, malgré son Histoire et ses fameuses ou fumeuses « exceptions », à la règle générale. Il lui reste aujourd’hui à trouver des hommes nouveaux et des nouvelles énergies pour renverser la vapeur et espérer, l’an prochain, séduire les électeurs. A la mode de chez nous et surtout pas de l’Italie. Il n’est pas trop tôt pour s’y préparer et, comme Nicolas Sarkozy, y penser à chaque instant. Antoine de Saint-Exupéry ne disait pas autre chose quand il écrivait que « préparer l’avenir, ce n’est que fonder… le présent ».

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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