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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 7 novembre 2008

Après avoir tué la croissance, en maintenant des taux d’intérêt élevés, la Banque Centrale Européenne est désormais en train de tuer l’épargne. Elle vient en effet d’abaisser de nouveau ses taux directeurs, pour la deuxième fois en un mois. Ainsi, après avoir empêché les consommateurs d’emprunter, pour éviter l’inflation, elle veut les contraindre désormais à dépenser pour combattre la récession. Ce qui, finalement, reviendra à leur faire payer deux fois la crise des subprimes. : d’abord en contraignant les Etats à « puiser » dans leurs impôts pour venir à l’aide des marchés et renflouer les banques, puis en « ruinant » la rémunération des petits épargnants pour réduire la dette des mêmes banques. Cette vision purement « mécanique » de l’économie et ultra-capitaliste, puisqu’elle vise uniquement à protéger les lobbies financiers et l’actionnariat bancaire, est désastreuse à plus d’un titre. Elle démontre, s’il en était encore besoin, que notre système de société ne sera jamais vertueux et qu’il tendra toujours à protéger les plus riches. Pire encore, elle conforte l’idée d’une irresponsabilité complète des donneurs d’ordre contre qui l’on attend toujours vainement quelques sanctions.

On croyait que la BCE n'avait de raison d'être que pour sauver l'Europe des citoyens en stabilisant les monnaies. Or elle n'existe que pour sauver la monnaie en stabilisant les banques d'Europe.
Décidément, « Keynes » se fait attendre et la régulation des marchés prend du retard. L’urgence d’un code de conduite s’impose chaque jour un peu plus. Mais, avec ce nouveau coup de la BCE, tout semble indiquer qu’il ne sera adopté que lorsque les banques seront enfin sorties d'affaire et leur « dette » effacée par l’effondrement du taux de l’épargne. Bref, chaque jour coûte un peu plus cher au particulier, aux petits entreprises, aux salariés et un peu moins au secteur financier.

Sauf que c’est sans doute faire une grossière erreur historique que de croire que ce sont les banques seules qui pourront relancer la croissance et la… société.
Jean-Paul BUSNEL

Par La crise n'est pas une fatalité
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