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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 31 mai 2006

Pierre Pellerin est attendu aujourd’hui par la juge Bertella-Geffroy pour donner quelques explications sur ses cartes de relevés concernant le nuage de Tchernobyl.  Enfin ! pourrait-on dire ! 20 ans après la catastrophe du même nom ! Cinq ans après le début de l’instruction pour « atteintes involontaires à l’intégrité d’autrui » confiée à cette magistrate ! Et encore heureux que cette dernière n’ait pas fait l’objet d’une opportune promotion qui l’eut obligé à laisser cette instruction en plan !

Mieux vaut tard que jamais. Et c’est donc un retraité de 84 ans, bien loin du Professeur sûr de lui des années 80, qui va devoir répondre à l’accablante expertise rendue l’an dernier. Certaines mesures radioactives auraient en effet été « occultées ». Quant aux cartes, elles étaient incomplètes.

Reste qu’il ne faut pas croire que cet ancien responsable du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPCRI) se présentera cet après-midi en victime expiatoire. L’homme est pugnace et déterminé. Il a toujours nié avoir commis une quelconque erreur. Et il a toujours gagné ses procès en diffamation jusqu’en Cassation. Que ce soit contre Noël Mamère ou contre le livre de M. Jacquemin-Raffestin, notamment. Il ne voudra en aucun cas servir de bouc émissaire. Il aura en effet beau jeu de rappeler que son service était alors sous tutelle du ministère de la Santé. Et que sa ministre Michèle Barzach ne l’a jamais désavoué. Pierre Pellerin avait affirmé qu’il avait, certes, constaté une augmentation de la radioactivité, mais que « cela ne présentait aucun danger pour la santé publique ».Quant au ministre de l’Agriculture de l’époque, François Guillaume, il devait déclarer le 6 mai 1986 : « le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de Tchernobyl ». Alors, s’il y a eu faute, Pierre Pellerin aimerait bien qu’elle soit… partagée. Ou alors qu’il soit démontré qu’il avait sciemment failli à son devoir d’information tant auprès de ses supérieurs que de la population. Bref, qu’il avait menti à tout le monde.

Par ailleurs, deux difficultés supplémentaires vont se superposer dans cette affaire. Y-a-t-il un lien  direct entre le nuage de Tchernobyl et l’augmentation des cancers de la thyroïde ? Certes, les observations cliniques sont troublantes et les effets du césium 137 connus. Mais, juridiquement, ce n’est pas toujours suffisant.

Enfin, il faut également se préparer à une bataille de procédure. Car, 20 ans après les faits, sans « coupable » désigné ou présumé, involontaire ou irresponsable, indirect ou incompétent, le nuage de la « prescription » a pu déjà produire ses effets. Depuis, très exactement, le 26 avril dernier, à… 1 h 23 du matin.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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