"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
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Révolution de palais chez Vinci. Peut-être ! Certes, un vent de moralité et de « bonne gouvernance » semble souffler sur les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC 40. Et la confirmation à son poste de Xavier Huillard entraînant, par conséquence, la démission du président Antoine Zacharias montre en tout cas que les actionnaires seront plus regardants désormais sur les salaires de leurs dirigeants. Même si, dans ce cas d’espèce, il aura fallu une lettre de « dénonciation » du directeur général contre son supérieur, adressée à chacun des membres du conseil, pour que l’affaire éclate au grand jour.
Mais, ne nous trompons pas et ne nous leurrons pas. Cette « révolution » chez Vinci n’a été acquise que par deux voix de différence sur seize. Ce qui laisse supposer que sept administrateurs étaient pleinement d’accord avec les pratiques que dénonçait pourtant le numéro 2 du groupe dans son courrier. Pour eux, il n’était pas exorbitant que leur Président bénéficie d’un luxueux pied-à-terre parisien de 50 millions d’euros et d’un confortable salaire, se soit « gavé » largement de stock options, prétende à une retraite complémentaire de 13 millions d’euros et puisse s’octroyer, avec la complicité du « comité des rémunérations », une prime de huit millions d’euros pour avoir négocié le dossier de rachat des autoroutes du Sud de la France. Ils étaient même d’accord pour révoquer le « dauphin » indiscipliné qui, en quelque sorte, « crachait dans la soupe ».
Xavier Huillard déclarait, hier, au Parisien Libéré, qu’il réalisait « maintenant avoir été le paravent honnête d’un homme qui a progressivement entrepris de s’enrichir au-delà de toute raison sur le dos de Vinci ». Il indiquait aussi être tombé en disgrâce parce qu’il avait tenté de s’opposer à une nouvelle prime. Cette dernière affirmation laisse donc entendre que sa « complicité » avait des limites sonnantes et trébuchantes. Car Xavier Huillard, ancien de Polytechnique et des Ponts et Chaussées, faisait partie du groupe depuis dix ans et n’ignorait sans doute rien des pratiques de son mentor. Il avait été débauché de la concurrence à prix d’or. Certes, iI venait juste, depuis janvier, d’être nommé Administrateur Directeur général, mais il était auparavant…Directeur général délégué.
Aujourd’hui, le bon peuple va trouver matière à se rassurer par cet épilogue heureux. Alors qu’il semble bien que ce soit surtout le mariage annoncé de Vinci et de Nexity, par le biais du nouveau dirigeant pressenti Alain Dinin, qui ait fait reculer les administrateurs. La balance a ainsi pesé du bon côté plus en raison de l’inquiétude d’un rapprochement qu’à cause de la… moralité d’un dirigeant.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
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