"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Octobre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
Il aura suffi de rajouter une pincée de Strauss-Kahn, un doigt de Fabius, une « larme » de Mélanchon et une « lichette » de Jack Lang, de bien « touiller » l’ensemble, pour faire un projet acceptable par tous, hier soir, au bureau national du parti socialiste. Officiellement, on parlera désormais de « Réussir ensemble le changement » pour la Présidentielle 2007. On a donc évité la crise ouverte en s’abstenant de pimenter la mixture avec l’encadrement militaire réclamée par Ségolène. Même si, pour lui faire plaisir, on lui aura sans doute accordé la possibilité de mise sous tutelle des allocations familiales. Car la proposition est suffisamment ambiguë pour permettre toutes les interprétations.
Reste à savoir si, en s’autorisant de tels écarts, on aura supprimé toutes les divergences et tous les appétits. Et, surtout, si François Hollande pourra, par ce tour de passe-passe, réussir à faire rentrer la Présidente de la région Poitou-Charentes dans le rang. Rien n’est moins sûr… Car Ségolène Royal possède l’art de la sémantique appris sur les bancs de l’Ena. Elle sait ne pas répondre aux questions précises quand ça la dérange et disserter à l’envi sur le sexe des anges quand ça l’arrange. Elle connaît aussi parfaitement la différence entre un projet partisan et un programme présidentiel.
Aujourd’hui, Ségolène Royal en a peut-être trop fait pour s’arrêter en si bon chemin. D’autant qu’elle bénéficie d’un soutien sans faille dans les sondages. Mais elle attend sereinement le vote des militants sur le projet, à la fin du mois. Quitte à s’autoriser quelques nouveaux « dérapages » bien populaires, mais, surtout, bien préparés. Car, chez elle, contrairement à ce que ses adversaires voudraient laisser croire, tout est pesé et calculé, écrit et corrigé.
Elevée à l’école de François Mitterrand et de Lionel Jospin, elle a gagné ses galons sur le front et s’estime désormais l’égale des « éléphants ». C’est également une fine technicienne. Négligeant l’impatience et la confrontation directe, elle laisse l’arbitrage de ses propos aux sondages. Prête à corriger les petits imperfections au gré des variations. Ce n’est plus le « petit lieutenant » du Premier secrétaire. Elle se sent déjà capitaine et d’aucuns la voient général. Il ne lui manque qu’un coup de pouce pour croire à son « étoile » et forcer tout le monde à la suivre.
Elle serait vraiment trop bête d’accepter l’affrontement. Car, mieux que quiconque, sans doute, elle a compris l’art de la guerre qui est, d’abord, de contourner l’adversaire. Aussi ne prendra-t-elle jamais le risque de faire… cavalier seul.
Aucun commentaire pour cet article
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
.
Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
Commentaires