"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Octobre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
On croit marcher sur la tête. Arcelor serait en passe de se marier avec Mittal Steel. Ainsi, après cinq mois de conflit, d’OPA hostile et de contre OPA, de déclarations à l’emporte pièces de ministres et d’industriels, les deux géants de l’acier serait sur le point de conclure une paix des « braves », au détriment du troisième larron Severstal. Tout se jouera demain à Luxembourg après un dernier tour de table aujourd’hui entre les trois concurrents, mais il semble bien, d’ores et déjà, que le PDG russe Mordachov aît perdu la partie. Question d’image sans doute, mais aussi, et surtout, question de gros sous. Mittal a revu en hausse son prix par actions, donné des assurances aux administrateurs européens et promis quelques contreparties en terme de cession d’actifs. Enfin, les Russes semblaient trop gourmands et les risques d’une minorité de blocage en leur faveur semblaient trop importants. Au pire, cependant, le conseil d’administration pourrait demander un vote des actionnaires. Ce qui, finalement, reviendrait au même.
Le plan de Guy Dollé a donc fait long feu. A moins d’imaginer que le patron d’Arcelor n’ait joué toute cette « comédie » pour faire monter les prix. Ce qui serait digne de Machiavel et, sans doute, lui faire trop d’honneur, mais donnerait de cet homme une bien piètre dimension. Certes, la morale n’a rien à voir avec les affaires. Mais il est des attitudes qui laissent des traces et augurent mal de l’avenir. Même si, lors de la probable publication des bans, la poignée de main entre Lakshmi Mittal et Guy Dollé aura, devant les photographes, toutes les apparences d’une grande amitié. Qu’importe si ce dernier n’a cessé de dénigrer son fiancé.
Dans cette affaire, le grand public a comme la vague sensation de s’être fait manipuler. Dans les grandes largeurs. On lui a agité sous le nez le chiffon rouge du « prédateur indien » avec une certaine délectation. On a exalté chez les Français leur fibre nationaliste et leur patriotisme. On leur aurait presque demandé de défiler dans les rues, d’en appeler aux Droits de l’Homme, d’exiger une loi sur la protection industrielle ou de brûler le drapeau indien. Et ils y ont cru. Benoîtement…
Cela confirme bien que la réalité économique et matérielle l’emporte sur toute autre considération. Et que les vestes se tournent encore plus vite que les boutons. Tout le reste n’est finalement que… gesticulations.
Aucun commentaire pour cet article
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
.
Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
Commentaires