"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Août 2008 | ||||||||||
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L’histoire ne dit pas si l’on s’agite dans tous les sens en préfecture du Morbihan, mais on peut bien l’imaginer. Il reste en effet 24 heures aux fonctionnaires de l’Etat pour trouver un point de chute aux 40.000 raveurs prêts à « déferler » sur la Bretagne ce week-end. Et sans doute encore un peu moins si l’on considère qu’il va falloir informer rapidement les principaux intéressés d’un éventuel changement. Autant dire que la décision du tribunal administratif de Rennes, hier, suspendant l’arrêté préfectoral de réquisition de l’aérodrome de Vannes, a jeté un pavé dans la mare. Et c’est bien fait !…
Car les raveurs n’ont pas besoin d’un aérodrome civil en état de marche pour « s’empiffrer » de décibels. Ils n’ont pas besoin non plus d’aller en Bretagne, qu’ils ne visiteront ni ne verront pas. Ils pouvaient tout aussi bien occuper un terrain vague, une friche militaire, un parc d’entraînement commando, voire une déchetterie à ciel ouvert. Leur but n’est pas, en effet, de faire du tourisme ou d’acheter des cartes postales, mais d’écouter de la musique. La plus folle possible et le plus fort évidemment. Dès lors, ce ne sont pas les terrains isolés qui manquent, mais l’Etat semble vouloir faire supporter aux particuliers, aux communes et aux riverains des nuisances qu’il ne veut pas assumer dans ses propres camps. Et qu’il se révèle incapable à contrôler chez les autres, comme en témoignent, chaque année, les tonnes de déchets et les dégradations diverses constatées après chaque passage. Sans parler, bien sûr, des saisies de drogue, des pilules d’ecstasy, des milliers de seringues ramassées, des trafics en tout genre constatés et du… reste.
L’hypocrisie ambiante du pouvoir politique consiste à prétendre que ces « rave-party » sont désormais bien encadrées un peu partout en France, alors que chacun sait qu’elles sont toujours des zones de non-droit. Autant alors acheter des terrains vierges, dans des lieux déserts et abandonnés, et les équiper, une fois pour toutes, pour ces grands débordements. Ou bien autant les interdire définitivement et se donner les moyens de faire respecter la loi. Ce qui, dans les deux hypothèses, coûtera moins cher aux contribuables.
Hier, à Vannes, les communes étaient satisfaites. Mais il leur faut cependant se garder d’illusions. Il y a de fortes chances, en effet, que la Préfète passe outre la décision du tribunal administratif, pour éviter « des troubles graves à l’ordre public ». Il serait alors souhaitable, dans ce cas, que sa responsabilité pénale personnelle soit pleinement engagée en cas d’incident ou d’accident. Car on ne peut prôner, à longueur d’année, démocratie, légalité et justice et… si peu les respecter.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
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