"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Septembre 2008 | ||||||||||
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Jacques Chirac a certainement été piqué au vif, mais cela suffira-t-il à lui redonner ce punch qui, semble-t-il, l’a quitté le jour même de son élection ? On peut en douter, même s’il fait partie de ces hommes avec qui l’avenir n’est jamais certain. Toujours est-il que, le jour du 14 juillet, le chef de l’Etat a répondu avec force non seulement aux critiques, mais aussi, et surtout, au « portrait » international que nombre de journaux étrangers lui brossent désormais. Parmi ceux-ci, le plus virulent a été, sans conteste, « The Economist » qui, en début de semaine dernière, lui a décerné un « carton rouge » à la Zidane. Pour l’hebdomadaire britannique, le Président français « symbolise l’incapacité du pays à se renouveler politiquement ». Il observe aussi que « Jacques Chirac est le « seul homme politique à avoir servi dans des gouvernements sous tous les présidents de la cinquième République depuis De Gaulle », mais que, « après une tentative courageuse, mais avortée » en 1995, il s’est cantonné « à des petites réformettes ». Force est, hélas, de reconnaître que le journal a raison sur tous ces points, y compris même dans sa constatation qui fait du chef d’Etat français « le plus impopulaire » depuis la création des sondages Sofres en 1978.
L’Elysée aurait-il perdu tout contact avec la réalité au fil des ans ? Ce n’est pas impossible lorsque l’on entend le Président se rassurer au fil de ses interventions par des grandes déclarations sur « la France est un grand pays ». Mais force est de constater que les notes préparées par ses conseillers sont l’exacte contradiction de ce qui se dit et s’écrit dans le monde entier. Ainsi, pour « The Economist », il ne fait aucun doute que « sous sa direction, la France a perdu sa place parmi les cinq premières économies mondiales », alors que le Président pense, lui, comme il l’a déclaré vendredi, en faire encore partie. Jacques Chirac semble encore rêver d’une France qui n’existe plus. Pour lui, la France est « l’un des premiers exportateurs mondiaux ». « La France est un pays qui est la première ou la deuxième terre d’accueil des investissements étrangers ». « La France est un pays qui a la protection sociale la plus élaborée de tous les pays du Monde… La France est un pays qui a une puissance culturelle »… et une « puissance diplomatique considérable »… Mais la méthode Coué du chef de l’Etat ne suffit pas à lui donner crédit. Car, sur le plan des exportations, la France se traîne tandis que l’Allemagne caracole en tête. Par ailleurs, cette très relative « bonne tenue » des exportations françaises n’est obtenue que grâce aux entreprises étrangères installées sur notre sol qui réalisent 45% de ces exportations contre 38,5% pour nos grands groupes nationaux. Enfin, en ce qui concerne la France terre d’accueil des investissements étrangers, ce qui était vrai jusqu’en 2004 ne l’est plus aujourd’hui face aux nouveaux membres de l’Union européenne et à la Chine. Quant au reste, « puissance culturelle, puissance diplomatique », il n’a de force que par les mots utilisés. Tel la grenouille qui « s’étend, et s’enfle, et se travaille », le Président aurait dû relire Jean de la Fontaine pour éviter de s’emballer et donner ainsi prise à la caricature. Hélas, « le monde », disait le fabuliste, « est plein de gens qui ne sont plus… sages ».
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
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