"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
Lionel Jospin jette l’éponge ! L’homme ne veut pas ajouter aux divisions du parti et il a bien compris, depuis quelques jours, qu’il ne ferait plus jamais l’unanimité sur son nom. Il l’a dit hier soir à ses amis et, ce matin, sur RTL, il devrait le répéter aux auditeurs. Mais en doutait-il vraiment ? Lionel Jospin est homme trop intelligent pour ne pas avoir compris très tôt qu’il avait été définitivement mis à la retraite par les caciques de l’appareil. Que son « abandon » de 2002, même s’il avait été compris, n’avait pas été « digéré ». Que l’heure n’était plus à la raison, mais à la passion et à l’émotion. Au superficiel « durable » et à cette imitation un peu « juste » de la démocratie.
Lionel Jospin a finalement estimé qu’il n’était plus une bonne solution « marketing » pour le parti. Que, face à la jeunesse et à l’enthousiasme de Nicolas Sarkozy, ses cheveux blancs et sa rigueur toute protestante n’étaient pas d’aussi bons atouts que les frous-frous et les banalités d’une « candidate » dans l’air du temps.
Pour avoir cru cependant à un sursaut républicain, il se retire sans doute un peu déçu, mais, faute d’avoir été une solution, « il ne veut pas être un problème » comme il l’avait déjà déclaré il y a un mois.
Pour autant, l’ancien Premier secrétaire du PS pendant neuf ans ne s’interdira pas de parler. Il ne se privera pas d’intervenir dans le débat. De dire ce qu’il pense sans mâcher ses mots et de servir d’aiguillon sur les grands débats de société. Il évitera seulement de prononcer des noms et, surtout, celui d’une « jeune » femme qui représente apparemment tout ce qu’il déteste, toute cette futilité qu’il réprouve et tout ce vide politique qu’il déplore.
En tout cas, voilà une épingle dans le pied en moins pour Ségolène Royal. La Madone de Poitiers avait en effet tout à craindre de ce candidat, tout à la fois figure historique et référence intellectuelle et morale de la gauche. Peu lui importe de s’être fait un ennemi supplémentaire, elle a désormais un « tapis rouge » devant elle. Il lui reste à ne pas s’y prendre… les pieds.
Aucun commentaire pour cet article
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
.
Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
Commentaires