"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Août 2008 | ||||||||||
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Assez, assez ! Assez de parler de « commémoration », d’ « anniversaire » ou de « célébration ». Assez d’entendre les médias jouer au « pousse-au-crime » en rappelant toutes les cinq minutes que, il y a tout juste un an, la banlieue brûlait de tous ses feux. Comme s’ils regrettaient que l’automne 2006 soit beaucoup moins animé qu’octobre 2005. Assez, enfin, d’hypocrisie et d’apitoiement sur ces voyous des temps modernes qui ne pensent qu’à jouer au Far West pour donner un « sens » à leur vie terriblement privée de repères, de famille, de patrie et d’emploi.
Les « nouveaux » journalistes font un drôle de métier quand, en panne d’actualité, ils tentent de susciter des mouvements de masse qu’ils ont jadis dénoncés. Les journaux, radio et télé contribuent dangereusement à entretenir la tension quand ils s’en vont interroger les « caïds » des cités, anonymat préservé, pour leur demander s’ils ont « oublié » Zied et Bouna, les « martyrs » de Clichy.
L’information est ainsi aujourd’hui perverse quand, tout en prenant bien soin de ne pas se transformer en actrice, elle n’attend plus de jouer les témoins et s’impatiente de voir le calme régner, alors que toutes les plaies d’un drame ne sont pas encore refermées.
La tentation est certes forte de susciter le mécontentement, d’interroger sur ce qui a changé tous ceux qui n’ont rien fait, de faire pleurer les frères et sœurs des « électrocutés » en leur demandant si leurs amis ne sont pas morts pour rien. Mais il ne s’agit plus alors d’information, seulement d’un spectacle de piètre qualité et de théâtre d’ombres. Les réponses sont ânonnées et « soufflées ». Les réactions sont prévisibles et « dirigées ». Les émotions sont feintes et « répétées ».
C’est vrai que l’on parle plus facilement d’un train qui n’arrive pas à l’heure que d’un as de la ponctualité, selon la formule consacrée, mais ce n’est pas une raison pour « souhaiter », « inspirer », « espérer » que, chaque année, à heure dite, quand micros et caméras sont tendus, à l’affût de tout dérapage, l’express de 20 heures déraille en direct. Quitte à mettre… des pierres sur la voie.
La banlieue française, et surtout celle de l’Ile de France, n’a pas besoin de boutefeux supplémentaires. Elle compte et entretient en son sein suffisamment de maladies et de misères qu’elle a plus besoin, pour éviter la contagion, d’un traitement de choc, d’un plan Marshall, que de pompeux et irresponsables… thuriféraires.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
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