"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Septembre 2008 | ||||||||||
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Il est, heureusement, des évènements pour nous sortir de la morosité hexagonale. Pour nous extraire des bus de banlieues et nous distraire des jurys populaires. Le salon du chocolat est de ceux-là. Annuel et de bon goût, il célèbre depuis douze ans la finesse des artisans de toutes les couleurs et de tous les pays. Aujourd’hui, pour l’inauguration, près de 400 « experts » venus d’Allemagne, de Belgique, du Canada, du Japon, de Syrie et d’ailleurs, vont présenter leur « richesse » au monde entier. Et c’est de l’or en barre. Qu’il soit noir ou blanc, café au lait, fourré ou délicieusement truffé, le chocolat abolit les frontières et satisfait tous les palais. Il réconcilie frères ennemis, produit national brut et exportations. En apparence, parfois, car il aiguise aussi les appétits et provoque des guerres des prix. On meurt encore dans le monde pour le cacao, comme en Côte d’ivoire ou au Venezuela.
Mais l’heure est aujourd’hui à la délectation, pas à l’affliction. Et toute cette débauche de gourmandise va enchanter la porte de Versailles à Paris pendant cinq jours. Avec, en prime, des défilés de mannequins à « lécher », tous les jours à 16 heures. Sauf le lundi. On ne sait d’ailleurs pas pourquoi on ne peut « déguster » de ce chocolat « habillé » le lundi. Ce n’est ni jour de shabbat, ni carême prieur. Ni même un reste de ramadan. Peut-être un dernier sursaut des 35 heures qui obligeraient artisans et ces dames à fermer bouches et comptoirs ? Reste que, les autres jours, tout le monde sera là. Spectateurs et producteurs, voyeurs et amateurs. Tous à espérer secrètement que des projecteurs trop puissants fassent fondre qui, une épaule, qui un tour de hanche trop aguichant.
Le chocolat a de ces vertus que la morale ne réprouve pas. On peut non seulement le manger des yeux, mais aussi le manger tout court. Avec même des alibis tout trouvés quand on sait que les bénéfices du coffret d’anniversaire vendu à l’occasion de ce salon seront reversés à l’association « La Voix de l’enfant » parrainée par Carole Bouquet.
Non ! le chocolat, le vrai, le pur, le dur, le moelleux et « l’affectueux » ne fait pas grossir. Il fait seulement gémir de plaisir, hurler de contentement et se pâmer de ravissement. Comme, jadis, Madame de Sévigné. On l’aspire goulûment, tendrement, lentement avec cette ivresse des moments rares que l’on ne veut pas, pour une fois, partager.
Il y en a six tonnes à déguster. Mais attention aux contrariétés car, sur 14.000 m2 d’exposition, cela ne fait pas beaucoup de carrés… par personne.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
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