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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Samedi 4 novembre 2006

Le marathon de New York, qui se disputera demain dans la ville du même nom, n’est plus une course, c’est une consécration. Ce n’est même plus une épreuve, c’est le dernier salon où l’on court, le passage obligé de tout apprenti porteur de dossard, la « récompense » de tout athlète qui se respecte. Pour comprendre, il faut avoir vécu les « embouteillages » du pont de Verrazano, la traversée de Brooklyn au pas de course et l’entrée triomphale sur Manhattan après le Queensboro Bridge. Et quel bonheur d’atteindre enfin Central Park, ampoules aux pieds, fier d’avoir été applaudi par « le monde entier » qui, du quartier polonais au dernier rond-point italien, a pris définitivement racine dans cette ville cosmopolite. Transformant ainsi 42,195 kilomètres de souffrances en autant de bonheur. Du moins à ce que l’on raconte.

Mais n’a pas le droit de suer et s’épuiser qui veut ! Ne peut craquer, pleurer ou s’effondrer, devant deux millions de spectateurs, celui qui n’a pas pris toutes ses dispositions. Le marathon de New York se mérite. Et, plus qu’une carte d’identité, c’est presque un passeport qu’il faut désormais pour y participer. Avec visa obligatoire. A moins que l’on ne soit invité ou tiré au sort, prédestiné, en quelque sorte, à se faire piétiner par quelques 80.000 pieds. A moins que l’on n’ait payé cher, et d’avance, le droit de se faire transporter sur place, avec quelques amis, chambre à coucher et visite de la ville assortie.

Demain, sur le pavé de « Big Apple » quelques chanceux auront même, peut-être, le plaisir de doubler Lance Amstrong, « anonyme » dans la foule, comme des milliers de « François Pignon »,  mais, paraît-il, déjà bien entraîné. Ils croiseront sûrement quelques vedettes suant sang et eau pour vouloir s’épargner quelques mètres. Mais ils éviteront, c’est promis, de succomber à la tentation de la cannette, cette boisson qui tue à mi-parcours plus sûrement que tous les discours.

Ce matin, ils en rêvent déjà, avec 24 heures d’avance, même s’ils savent qu’ils termineront à plusieurs milliers de foulées du vainqueur. Mais qu’importe le résultat final,  le Marathon de New York est tellement magique qu’il se vit toujours avant même que le départ ne… soit donné. C’est déjà cela de... gagné.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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