Présentation

  • : La Communication de crise
  • jpbusnel
  • : Société
  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Calendrier

Septembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Commentaires

Dimanche 5 novembre 2006

Faire parler les morts, c’est, avec l'air du temps, la dernière trouvaille politique à la mode. L’ultime recours d’une société en panne d’idoles et d’idolâtrie et, en quelque sorte, l’appel de détresse que l’on adresse à tous les anciens combattants de la terre. Mais s’il suffisait de faire dire aux morts n’importe quoi, gerbes à la main, de déposer fleurs et couronnes sur leur stèle ou leur tombe et de prononcer quelques « Pater » ou autres « Ave » pour s’attirer leur bénédiction ou celle de leurs « orphelins », ce serait quand même trop facile. Pourtant, d’aucuns ne résistent pas à la tentation en ces temps difficiles où la politique est incertaine et la victoire aléatoire. Alors, tous les moyens sont bons. On fait appel aux sentiments, à la mémoire des gens et au supplément d’âme des vivants. Ne reste plus qu’à s’habiller en noir et à porter, avec tristesse et affliction, le deuil de la République.

Pour une « primaire », c’est donc vraiment une « primaire ». Car lorsque l’on entend un candidat à la candidature s’exclamer « Je revendique cette lignée mitterrandienne et j’en suis fière », on réveille, en même temps que l’ancien Président, l’affaire de la Francisque et celle du Rainbow Warrior, les écoutes de l’Elysée et la mémoire de Pierre Bérégovoy. Pour ne parler que de ces quatre exemples d’ordre « juste » que l’Histoire a déjà figés pour l’éternité.

Et quand, hier, à Narbonne, on entend « le » même candidat socialiste se comparer, moustache en moins, à Léon Blum, « éclaireur, visionnaire et homme d’action dont l’héritage nous inspire et nous oblige », on croit rêver et penser que la rénovation prônée prend décidément un sérieux « coup de vieux », nous ramenant à toute volée au Congrès de Tours de 1920. Léon Blum, c’est vrai, préconisait « l’assainissement moral du pays ». Il écrivait aussi, quelques années plus tôt, dans « Du mariage », en 1907, que l’opinion publique devait admettre pour la femme ce qu’elle admet pour l’homme, à savoir l’acquisition de relations sexuelles avant le mariage. Autre temps, autres mœurs et revirement, mais l’homme fut vraiment trop important, toute sa vie, par son courage et son cheminement, pour qu’un candidat d’opportunité veuille aujourd’hui, tout seul, se l’approprier dans son immensité.

Faire parler les morts et profiter, ce week-end, de ce qui n’était pas vraiment un temps de Toussaint, c’est croire à jamais, comme le disait le mystique Auguste Comte, que « ce sont les morts qui dirigent les vivants ». Et ce n’est guère porteur… d’avenir.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Retour à la page d'accueil

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

.

Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

Blog : Actualité sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus