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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 17 novembre 2006

Ségolène Royal n’a pas gagné, elle a triomphé. Elle a même « ridiculisé » ses adversaires, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, en l’emportant au premier tour. Sans hésitation, ni possibilité de recours. Mais cette victoire laissera sans doute plus de traces que de souvenirs. Quoiqu’en disent les communiqués officiels et les discours lénifiants de quelques sous-lieutenants de la Députée des Deux-Sèvres qui tenteront de masquer le poids extraordinaire dans ce scrutin des nouveaux adhérents à « 20 euros ». Ces derniers, en effet, non contents de représenter désormais un tiers du parti, n’ont eu aucun état d’âme pour en bousculer les caciques. Et ce coup de balai dans la « mémoire » d’un appareil ne soulèvera pas uniquement de la poussière.

Le résultat de cette primaire « à gauche » est en tout cas la « preuve » flagrante que les idées valent moins que les idéaux et que les généralités peuvent l’emporter sur les courants. En fait, les candidats malheureux à la candidature ont été victimes à la fois de leur passé et de leur présent. De leur passé, d’abord, parce qu’ils n’ont pas su montrer aux adhérents du PS qu’ils avaient vraiment changé. Et de leur présent, ensuite, car, seule, une femme semble désormais, aux yeux d’une nouvelle génération, capable de faire la différence et de représenter une « chance » de victoire pour la Présidentielle 2007.

Voilà qui met fin, … enfin, à cette lutte intestine à gauche qui a monopolisé tristement l’attention des médias pendant plus de deux mois. Place désormais aux querelles de droite par ce subtil effet de balancier qui n’intéresse soi-disant personne, mais qui fait parler tout le monde. A tort et à travers souvent, à mille lieues des préoccupations des gens tout le temps. Le contraste en était saisissant, hier soir, lors de l’émission politique d’Arlette Chabot, sur France 2, tandis que l’on « contemplait » tant de détresse dans certains témoignages et que l’on entendait tant de reproches adressés, avec juste raison, aux « hommes d’Etat », quels qu’ils soient, qui mènent ce pays depuis 30 ans.

Ségolène Royal est désormais investie de tellement d’espoirs que sa victoire, ce matin, au réveil, doit déjà apparaître moins belle. « On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère » disait Jean-Jacques Rousseau qui n’était ni devin, ni politologue, mais connaissait bien la nature des hommes. Car, après le « bac PS » il faudra que cette nouvelle dame à la rose, pour convaincre la France, puisse promettre du pain et du blé, là où elle n’a suscité, pour l’instant, que « générosité » participative et curiosité durable. Mettre enfin la main dans le cambouis et la langue de bois dans… sa poche.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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