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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 10:04

Il est quand même étonnant que, en France, les informations essentielles mettent plusieurs heures, voire plusieurs journées, avant de nous parvenir. On a ainsi appris, hier soir, que 13 fûts contenant 200 litres de produits toxiques, de l’isopropanol et du toluène, ont été perdus en mer lors de la tempête de vendredi. Ce ne sont certes que « gouttes d’eau » dans la mer, mais on peut imaginer aisément que la flore et la faune de cette zone comprise entre le Cotentin et le sud de la Bretagne ne soient pas du même avis. Quant aux bateaux qui auront la malchance de les rencontrer au travers de leur route, on parlera à leur sujet de mauvaise "fortune" et de triste coïncidence. Alors que cet accident était statistiquement prévisible et mathématiquement inévitable.

Plus largement, ce nouvel « incident » pose, une fois encore, la question du transport des produits dangereux. Qui ne sont jamais à l’abri, par route, par fer, par mer ou par air, d’une défaillance humaine ou d’une catastrophe naturelle. L’idéal serait, bien sûr, de ne pas les fabriquer. Mais, quitte à s’en servir, on devrait au moins savoir s’en débarrasser sur place, sans risquer « d’empoisonner » les autres de ses propres défaillances, qu’elles soient de traitement ou de prévision.

Les 3.000 litres d’isopropanol qui se promènent ainsi en Atlantique, par la faute d’une cargaison mal arrimée sur le pont du cargo suisse « Safmarine Léman », n’avaient pas leur place au large de nos côtes. Ils ne représentent en effet aucune réelle valeur marchande, mais seulement un étrange commerce. Du même style que celui qui vient de toucher mortellement la Côte d’Ivoire. Où allaient-ils, après le Portugal, d’où venaient-ils et que faisaient-ils vraiment sur ce cargo en provenance d’Anvers ? Ils auraient dû être traités en amont, sur place et sur leur site de leur production, au lieu de s’offrir une croisière aux risques des populations rencontrées. Il en est de même pour tous ces styles de produit, y compris pour l’amiante dont on vient de finir de calculer le tonnage sur le Clemenceau. Chacun en aura la surprise d’ici quelques jours.

Les bonnes âmes auront beau dire que, avec la nouvelle législation, et notamment la Convention de Bâle si souvent violée, de plus en plus de pollueurs paieront leurs défaillances au prix fort, il n’est pas sûr que l‘impact de cette mesure soit suffisante pour rassurer les populations. Car l’argent n’achète pas tout. Ni les odeurs nauséabondes, ni la détérioration pour plusieurs décennies du milieu naturel, ni la contamination des fonds marins. Il ne restitue pas, ne rénove pas et ne répare rien. Il ne rembourse, finalement, et encore, que la… différence.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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