"COMdeCRISE & CRISEdeCOM"
par Jean-Paul BUSNEL
- Un autre ton - Une autre actualité- Un autre regard -
| Septembre 2008 | ||||||||||
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La Turquie fait de la résistance. Et Bruxelles ne sait plus sur quel pied danser. Mais ce qui pourrait être une chanson de Jacques Brel tourne aujourd’hui à la querelle sans fin. Et à la tragi-comédie d’un processus d’adhésion à l’Union européenne qui n’en est pas vraiment un et qui promet de s’éterniser au fil des ans. Ce matin, les ministres européens des Affaires étrangères vont tenter de nouveau de trouver un accord sur les « sanctions » à imposer à la Turquie pour son intransigeance vis-à-vis de Chypre. Les « 25 » cherchent en fait la bonne formule pour punir la Turquie sans en avoir l’air. Par une sorte de mesure spectaculaire mais indolore, exemplaire mais peu contraignante. Il s’agit donc en l’espèce de ne pas décevoir, ni de désespérer, ni même de condamner ou d’exiger. Pour, on ne sait, quel intérêt supérieur.
Ainsi, alors même qu’elle devrait être d’une rigueur totale quant aux conditions d’entrée en son sein, l’Europe semble chercher, elle-même, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes, une « porte de sortie » pour la Turquie. Une « excuse » permanente qui laisse un de ses membres éventuels ne pas respecter la forme et le fond des traités. Alors même que le fait pour la Turquie de toujours refuser de mettre en œuvre le protocole d’Ankara, signé en 2005, qui lui impose d’ouvrir ses ports et aéroports aux chypriotes grecs, devrait l’exclure définitivement. Sans autre forme de procès.
L’Union européenne perd chaque jour un peu plus de sa crédibilité parce qu’elle étreint mal ce qu’elle veut trop embrasser. Trop soucieuse d’être aussi grosse que le bœuf américain, elle n’est qu’une grenouille en passe d’exploser. Car elle ne maîtrise plus grand-chose aujourd’hui. Ni ses contours, ni son avenir. Prête à bien des exceptions, sur les libertés et les compétences comme sur la géographie. L’Europe fait en réalité la démonstration quotidienne qu’elle est à réinventer et à reconstruire. Ce qu’un référendum nous avait déjà appris et que l’on a parfois, par on ne sait quel mystère, tendance à oublier et à ne pas… respecter.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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Jean-Jacques ROUSSEAU
- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5
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