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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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16 décembre 2006 6 16 /12 /décembre /2006 12:08

Roberto Alagna et Sami Naceri n’en sont pas à leur première fausse note. Pourtant la sanction qui les frappe aujourd’hui, et qui n’a rien d’une injustice, semble les étonner. Le premier, exclu de la Scala de Milan pour avoir « insulté » son public en quittant la scène le poing levé avant la fin de la représentation, ne comprend pas que l’on puisse considérer désormais que son contrat est rompu. Et il s’apprête même à demander des dommages et intérêts. Quand au second, déjà condamné sept fois, qui ne s’explique pas ses violences à répétition et plaide en quelque sorte un dédoublement de personnalité, il semble abasourdi de devoir encore rendre des comptes et pouvoir faire six mois de prison alors qu’il s’est excusé, d’excuses « les plus plates », auprès des policiers.

Pour ces deux hommes, vedettes préfabriquées au talent contrasté, la société n’est qu’une « bonniche » à leur service qui ne peut et ne doit rien leur refuser. Et c’est vrai qu’elle en donne parfois l’exemple, avec une indulgence« coupable », envers les grands de ce monde ou les petits délinquants. Parce que les uns ont sans doute trop de relations ou d’argent tandis que les autres ont, ou prétendent avoir, l’excuse de la pauvreté.Toutes les règles, dès lors, se délitent et sont peu ou prou respectées.

Tout devient trop souvent caprice de star ou délire d’adolescent. L’alcool, la drogue, les médicaments, les désamours et autres chamailleries sont, aux yeux de certains, tout autant de bonnes raisons pour s’absoudre de gestes ou de comportements que l’on s’interdisait jadis. Il est désormais de bon ton de frapper d’abord et de s’expliquer ensuite. Pour revendiquer aussitôt le droit à l’erreur ou à l’excuse absolue. Exigeant presque que l’on tourne la page sans plus tenir compte des victimes. En fait, on a même changé la signification de ce dernier mot. Les victimes ne sont plus celles qui sont lésées ou blessées par des comportements asociaux, mais ce sont d’abord ceux qui sont poursuivis par la police, condamnés par la justice et enfermés contre leur gré. Les autres ne sont que des « coupables » qui s’ignorent, honteux et contrits, qui ont eu la « grossièreté »  d’avoir porté plainte et réclamé que cela cesse.

Alors, au travers des condamnations de Sami Naceri et de Roberto Alagna, il est somme toute réconfortant de voir se rebiffer cette société de pénitence et de contrition rassemblées qui n’en peut plus, parfois, de devoir demander… pardon.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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