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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 10:22

« Nous avons un thermomètre dont nous communiquons tous les éléments tous les mois de manière transparente ». La réponse de Jean-Louis Borloo à un « collectif » baptisé « les autres chiffres du chômage » est un peu courte, sans doute de bonne foi, mais indigne d’un homme d’Etat. Car le ministre se contente seulement d’indiquer que « les règles de la comptabilisation sont les mêmes depuis 1995, ce sont celles du BIT » sans jamais réfuter les arguments développés par l’association. Pourtant, tout le monde a entendu parler des stages « bidon », des radiations forcées, des temps partiels oubliés, des absents « maladies » et autres laissés pour compte des statistiques. Ces « chômeurs » sont devenus eux aussi « transparents », invisibles pour le ministre et la société. Non indemnisés ou en fin de droits, ils ne méritent même plus d’être comptabilisés. Ils disparaissent dans la nature, « expulsés » des données publiques, permettant au gouvernement d’arborer fièrement une feuille de route de 15% de chômeurs en moins en 18 mois et de moins 10% en un an. Ce qui nous prédit, par cette magie des vases communicants, le plein emploi en moins de dix ans et dix fois plus d’exclus, dans le même temps. La « panacée » comptable et le désastre social.

L’Anpe, tout autant que le ministre, a intérêt à présenter un tel bilan. De plus en plus contestée en externe, et en interne, elle veut désormais présenter aux « usagers » un panel de solutions plus que d’interrogations. Elle doit, en outre, subir depuis peu la concurrence de cabinets privés. Tout en sachant que, en procédant de la sorte, elle se condamne elle-même. Car, elle a le triste paradoxe de ne devoir sa survie qu’à l’échec des mesures pour l’emploi. Mais force est de reconnaître qu’elle se montre bien mieux armée, en vérité, pour radier les inscrits que pour vraiment les réinsérer. Ce qu’elle assume fort bien au demeurant.

Le chômeur « invisible », quant à lui, ne souhaite qu’une chose en cette fin d’année. Que le « thermomètre » soit réparé ou qu’il soit définitivement rangé au rang des accessoires « stupides » qui ne servent à mesurer une moyenne trafiquée. Il cherche encore tout autant l’emploi caché qu’il pourrait mériter que l’aide publique qu’on lui fait benoîtement miroiter. Il rêve peut-être d’un autre indicateur qui obligerait par exemple industriels et administrations à annoncer sur un site unique, dans chaque région, toutes les créations ou disponibilités d’emplois. Ce qui pourrait l’inciter plus fortement et plus directement à y… postuler.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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