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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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Jean-Jacques ROUSSEAU

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 08:53

Une nouvelle fois, la Cour des Comptes met en lumière l’extrême différence entre la générosité des donateurs et l’emploi de leurs dons. Et, surtout, le manque criant d’information des donateurs. Mais, pire encore, après examen des comptes de 32 organismes ayant concouru à l’aide aux victimes du tsunami, elle constate que moins de la moitié de ces organisations méritent un satisfecit. Principales critiques : affectation top lente des dons et financement d’opérations… sans lien avec la catastrophe.

Certes, l’heure n’est plus à reprocher à certains de s’en mettre plein les poches ou de gaspiller l’argent dans des frais de fonctionnement douteux, comme jadis à l’Arc. Mais savoir, par exemple, que fin 2005, soit un an après la catastrophe, 85% des dons recueillis par la Croix-Rouge française n’avaient pas été utilisés est pour le moins inquiétant. D’autant qu’il en était autant, à 80%, pour le Secours Populaire. Ces deux organismes répondent, bien sûr, que des programmes ont été prévus jusqu’en 2010, et que la totalité des fonds recueillis sera employée, mais les Français avaient sûrement une autre notion de l’urgence quand ils avaient répondu en masse.

Apprendre également que Médecins du Monde a affecté, dès le départ, plus d’un quart des sommes recueillies par courrier pour le tsunami à d’autres causes est pour le moins choquant, sinon plus. Quant à l’ excuse suprême d’indiquer que les principaux donateurs ont été prévenus, un mois après, de cette décision, elle n’est pas acceptable et frise le détournement de fonds. Enfin on ne peut qu’approuver la Cour des Comptes quand elle fustige « Pompiers sans frontières » qui, sans vergogne, a réaffecté 24% des dons.

Ce rapport de la Cour des Comptes montre qu’il y a sans doute encore beaucoup de progrès à faire dans l’action humanitaire et qu’il ne suffit pas de vouloir aider, d’ouvrir un compte postal ou bancaire, pour être efficace et efficient. Il soulève aussi le problème du manque d’engagements clairs, précis et contraignants des organisations vis-à-vis des donateurs. Bref, il semble indiquer qu’il y a désormais urgence à instituer une sorte de code de bonne conduite, un label certifié, pour l’utilisation des fonds privés. Comme d’ailleurs pour l’utilisation des fonds publics. En clair, l’appel à la générosité doit avoir ses limites, sinon ses frontières, celles de… l’incompétence et du manque de transparence.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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