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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 11:56

Il n’y a pas d’injustice à voir l’œuvre de Vauban préférée à celle de Le Corbusier comme candidate à l’inscription au patrimoine de l’Unesco. Car non seulement le grand architecte du roi Soleil a quelque ancienneté à prévaloir sur  le créateur de la cité Radieuse, mais, en plus, il a proliféré sur tout le territoire à une époque où il n’était pas si facile de voyager. Ah, si Vauban nous était conté, il nous emmènerait dans un véritable tour de France des réalisations, de Briançon à Besançon, via Mont-Dauphin, Mont-Louis, Saint-Martin-de-Ré, Camaret, Arras, Longwy et quelques autres ! Il nous promènerait de courtines en caponnières, d’escarpes en fossés diamants et de gorges en banquettes. A tel point qu’on lui prête mille choses encore, comme le fort Napoléon dans l’archipel des Saintes, ce chef d’œuvre de l’architecture militaire du XIXème siècle dont il n’est pour rien. Mais l’on ne prête qu’aux riches et l’on ne compte plus désormais les constructions « à la Vauban ».

Mais le plus remarquable, chez ce bâtisseur, fut sans doute Vauban lui-même. Quelle homme fut en effet ce petit gentilhomme de Bourgogne qui passa toute sa vie, entre places fortes et sites fortifiées, à construire ce que les autres rêvaient de détruire et d’asservir. Saint-Simon le décrivait comme un « homme de médiocre taille, assez trapu, qui avait fort l’air de guerre… Il n’était rien moins : jamais homme plus doux, plus compatissant, plus obligeant, mais respectueux sans nulle politesse, et le plus avare ménager de la vie des hommes, avec une valeur qui prenait tout sur soi, et donnait tout aux autres… ».

Ce bronchiteux chronique, ce spécialiste de « la cochonnerie », qui écrivit un livre fort sérieux sur le sujet où l’on pouvait ainsi connaître la production d’une truie pendant dix ans, s’intéressait à tout. Au point de publier douze volumes intitulés « Oysivetés », d’inventer une fiscalité au taux unique de 10% sur tous les revenus, véritable scandale, et de proposer, bien avant l’euro, une monnaie unique européenne.

Comme bien d’autres précurseurs avant lui et après lui, Vauban ne fut pas toujours admiré. Il déclencha cabale et jalousies. Mais il mourut Maréchal de France, ce qui lui valut d’être doublement enterré, son corps à Vézelay et son coeur aux Invalides. Tel un patrimoine dispersé ! Toute une histoire et toute une œuvre qui devraient passionner l’Unesco et contribuer à son… universalité.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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