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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 10:01

La question des retraites et des régimes spéciaux risque bien d’empoisonner la campagne électorale car, jamais traitée au fond, elle revient inlassablement dans l’actualité. Elle sera ainsi, une nouvelle fois, aujourd’hui, au centre de toutes les discussions avec la remise au Premier ministre du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites. En clair, le C.O.R. constate que la situation est plus dégradée que prévu et qu’il y a nécessité de rééquilibrer les comptes. Il prône notamment une augmentation de la durée effective de cotisation et une « mise à plat des différentes niches fiscales et surtout sociales ». Enfin, il plaide pour un retour à  « l’égalité de traitement » entre les cotisants.

Bref, tout le monde a bien compris que les régimes spéciaux, Sncf, EDF-GDF, Ratp, mineurs, marins, clercs de notaire, militaires, parlementaires, sont montrés du doigt. Ils le sont d’autant plus qu’ils sont déficitaires pour la plupart et font appel au régime général ou à l'impôt pour combler leurs pertes.

La CGT a certes en partie raison quand elle affirme que les régimes spéciaux ne sont qu’une goutte d’eau dans le problème des retraites. Et qu’une éventuelle remise à plat ne suffira pas à combler le trou. Mais elle minimise à dessein les chiffres des personnes concernées, oublie quelques rentes de situation et, surtout, s’arc-boute dans une position de défense catégorielle bien loin de l’équité républicaine. Pour sa part, Force Ouvrière met en garde ceux qui veulent « monter les salariés les uns contre les autres », ce qui est l’éternel argument éculé, voire la menace à peine voilée, pour dissuader quiconque de réformer.

En clair, les syndicats, dont les plus gros bataillons se comptent bien évidemment parmi les régimes spéciaux et dans la fonction publique, veulent que l’on ne touche à rien et que le simple « pékin » continue à payer encore longtemps, par solidarité, pour que le roulant Sncf puisse partir à 50 ans. Mais on ne peut pas d’un côté avaliser la nécessité de faire travailler plus longtemps les seniors et « graver dans le marbre » un système qui permet à quelques-uns de cotiser moins, de partir plus tôt et de gagner plus. Ce qui dépasse l’entendement. C’est bien cette contradiction qu’il faudra résoudre. A moins de vouloir, encore une fois, reporter toutes nos dettes sur les… générations futures.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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Jerome 11/01/2007 11:59

"La situation est plus grave que prévue": c'est le crédo de beaucoup; les retraites en Angleterre -oú j'habite- comme celles de France ne seront pas pour ma génération (j'ai 34 ans) ce qui fera de nos derniers jours une fin de vie agréable. Quand il faudrait se relever les manches pour aller bosser (car c'est lá que réside la solution, le boulot, le taf, le turbin), j'entends avec dégouts les protégés qui petit á petit enterrent plus profond notre avenir. Je n'attends qu'une chose: quel que soit l'élu de cette année: il faudra qu'il ait la détermination de Lady Thatcher, la diplomatie de Talleyrand, l'intelligence politique de Kennedy et le sens de l'Etat de Richelieu. Autant dire que pour s'en sortir il faudra soit ne compter que sur soi-meme ou faire une révolution.