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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 10:54

L’allongement éventuel d’une semaine du délai de récolte des signatures de parrainage pour l’élection Présidentielle est une fausse bonne idée. Elle devrait, certes, si elle est acceptée, faire plaisir à nombre de « petits » candidats qui, de Jean-Marie Le Pen à Olivier Besancenot en passant par Philippe de Villiers et quelques autres, peinent toujours à recueillir les 500 signatures nécessaires pour se présenter, mais elle est fondamentalement contraire à l’esprit de cette élection. Le scrutin présidentiel n’est pas en effet un scrutin comme les autres et il n’a pas vocation à permettre à chaque sensibilité de se compter. Il n’est pas non plus destiné à servir de sondage partisan. Enfin, l’éparpillement des candidatures ne sert pas la démocratie quand on sait que les trois quart d’entre elles n’ont d’autre but que de recueillir des subsides et les 5% des voix nécessaires au remboursement des frais de campagne.

La barre des « 500 signatures », que d’aucuns avouent avoir du mal à obtenir, ne devrait pourtant pas, théoriquement, être un obstacle majeur. Car plus de 47.000 élus, et pas seulement des maires, sont habilités à les délivrer. Le problème n’est donc pas de savoir s’il y a suffisamment de parrains « disponibles » pour permettre aux candidats de se présenter, mais s’ils sont suffisamment motivés pour le faire. En dehors du fait que certains adhérents de partis, dont le PS, ont reçu des consignes strictes, nombre d’élus ne remplissent pas leur devoir en cette matière. Ainsi, en 2002, sur les 36.700 maires de France, seuls 17.815 avaient parrainé un candidat. Soit moins de un sur deux. Et cette « abstention » devrait elle-même être « signalée ».

Enfin, il reste à savoir ce que l’on veut. Le seuil des 500 signatures avait été fixé en 1976 dans le but  d’éviter les candidatures fantaisistes, type « Barbu » il y a quelques années. Ce qui n’a pourtant pas empêché, en 2002, l’émergence record de 16 candidats. A tel point que le Conseil s’est interrogé publiquement « sur le bien-fondé de règles de présentation dont le renforcement » n’a pas empêché un nombre sans précédent de candidats, comportant notamment «  des inconvénients tant pour la clarté et la sincérité des opérations électorales… » et coûtant au total plus de 200 millions d’euros. Or, aujourd’hui, avec 44 postulants « déclarés » et quelques « sous-marins », on frise le ridicule et l’explosion des budgets destinés à cette élection, tant en terme d’impressions des bulletins de vote qu’en terme de matériel réglementaire d’exposition des professions de foi. Et quid enfin des temps d’antenne obligatoires à la télévision !

Autant dire donc que le projet Chirac-Villepin tient plus de la démagogie que du bon sens. Car, si tous les postulants ne seront pas sur la ligne de départ,  ils sont déjà beaucoup trop à le… pouvoir.  Ce qui ne s’appelle plus de la démocratie, mais de la… gabegie électorale.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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