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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 12:03

Tout a été dit ou sera dit sur l’abbé Pierre, mort ce matin des suites d’une infection pulmonaire. Tout sauf peut-être deux choses. La première est que cette disparition est finalement une délivrance. Car, jamais sans doute homme de cet âge, en relative bonne santé, n’aura autant désiré mourir. Il en parlait tout le temps, aspirant comme il disait à ses « grandes vacances », et pestant contre ce Dieu d’amour qui le maintenait en vie. « Toute ma vie, j’ai souhaité mourir » disait-il en expliquant « c’est comme sortir de l’ombre pour entrer dans la lumière ». Enfin, la seconde et triste leçon que l’on peut tirer de cette disparition est qu’elle est plus porteuse d’inquiétude que de réconfort. Car l’abbé Pierre n’a pas vraiment de successeur ou d’élèves. Albert Jacquard, compagnon de la première heure, et Martin Hirsch n’ont pas, et ce n’est pas leur faire injure, le charisme négligé de ce petit homme noir à la voix chevrotante, au béret vissé sur la tête et aux amitiés parfois troublantes.

Ce Capucin, puis prêtre, puis député, ce « chiffonnier d’Emmaüs », qui rêvait jadis d’être marin, missionnaire ou brigand, était, en effet, plus qu’un homme. C’était à lui tout seul une image pieuse et une apparition rebelle. Il portait sur lui toute la misère des sans-abri et en lui toutes les révoltes du monde.

L’abbé Pierre était un résistant dans l’âme, après l’avoir été dans le Vercors, incapable de se satisfaire des vaines promesses. C’était en quelque sorte le Saint-Vincent-de-Paul de notre époque. Il en avait le style, l’apparence et les manières. On s’attendait chaque jour à le voir découper sa cape en deux, en trois, même en dix, pour en donner plus que la moitié à plus pauvre que lui. Mais il y a bien longtemps qu’il n’avait plus de cape. Ni d’illusions. Il en vivait pourtant. Sachant que son combat devait parfois se satisfaire de tout et de rien. D’honneurs comme de critiques. De fausses promesses et d’amitiés.

« Castor méditatif », Henri Groués de son vrai nom, a aujourd’hui rejoint « sa » lumière après avoir finalement bien gagné… sa vie.

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Published by le blog-notes de Jean-Paul Busnel - dans jpbusnel
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