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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 08:56

Il va être temps de se remettre autour d'une table pour discuter du monde que nous construisons. Et pour remettre l'homme au coeur de nos préoccupations, de toutes nos préoccupations. Bien avant nos problèmes de croissance, de pouvoir d'achat, d'augmentations, de loisirs ou de corporations. Le décalage croissant entre l'homme et la société n'est en effet plus tenable. Quand on entend Renault s'afficher, hier, comme "victime" probable d'une manipulation au sujet de son affaire d'espionnage industriel, on a envie de pleurer avec les trois cadres qui ont été livrés à la pâture médiatique. Ainsi, sans aucune vérification solide, il serait donc possible, en France, de tuer professionnellement, socialement, humainement, des hommes ou des femmes. Rien qu'en les nommant. En les désignant. C'est à la fois plus simple et plus propre qu'une... lapidation. Tout aussi efficace et tout aussi barbare. Et la "victime" serait celui qui se trompe et non plus celui qui serait... achevé.

Une lettre anonyme aurait suffi pour Renault. Une lettre de licenciement suffit pour d'autres. Une lettre de cachet existait dans d'autres temps. La mort civile se fait toujours par courrier ou par e-mail.

A l'homme de s'en... débrouiller. Mais ce "tant pis pour lui" n'est plus acceptable. Demain, c'est-à-dire dans six mois, deux ans au plus tard, nous n'aurons sans doute plus, en France, une armée de fonctionnaires, mais une armée de... chômeurs. Plus de 4 millions selon les chiffres cachés. Et chacun, apparemment, de se satisfaire de voir tant de gens inemployés, parfois indemnisés. Certains de ces chômeurs, certes, s'en accommodent, mais combien d'autres s'en cachent ? Et l'on continue à discourir de l'air du temps, de la météo qui fraichit, de la neige qui ne veut plus tomber, des retraites-chapeau à gogo, des sur-salaires mérités et des délocalisations obligées.

Mais, dans une vraie patrie des droits de l'homme, on devrait moraliser les marchés financiers, limiter les hautes rémunérations à 20 fois le salaire minimum et redistribuer le solde en autant d'emplois. On devrait encadrer la hausse des prix et des services. Il ne s'agirait pas de revenir à une société collectiviste, mais de redonner à chaque être humain le droit d'exister. En recherchant et en trouvant le juste milieu entre les "trop nourris" et les "pas assez"...

Il va bien falloir, un jour, rediscuter du monde que nous construisons. Pour en faire un monde bien différent de celui que nous... vivons.

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Published by La crise n'est pas une fatalité
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