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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 08:55
Lamentable ! La France a-t-elle perdu ses valeurs ? Elle si prompte à dégainer et à donner des leçons à la terre entière en ce qui concerne les droits de l'homme, l'équité, l'honnêteté... Elle si "chatouilleuse" sur la liberté, la fraternité, la solidarité... Elle si soucieuse de paraître et d'apparaître comme exemplaire se trouve aujourd'hui partagée entre les tenants du "pas vu, pas pris" et ceux du "c'est la faute à l'arbitre". Quant aux politiques, ils se dédouanent du problème en renvoyant piteusement au football ce qui n'en est déjà plus et en balayant d'une main toutes les questions d'éthique. A la manière d'un Thierry Henri...
Mais le joueur a au moins l'excuse d'avoir été saisi par l'immédiateté et l'intensité de l'action. Et il a désormais le courage, lui, de reconnaître que rejouer le match serait plus équitable.
Tous ceux qui aujourd'hui défendent l'indéfendable et la gravure dans le marbre du résultat "sportif" ont, semble-t-il oublié qu'il ne s'agissait pas d'un match comme un autre, qu'il était synonyme d'élimination ou de qualification, et que les équipes portaient les couleurs respectives de leur pays. "Mais "respectives" est peut-être aujourd'hui un gros mot. Chaque footballeur sélectionné portait en quelque sorte les espoirs, les valeurs et les couleurs d'une nation. Ambassadeurs du ballon rond, certes, mais ambassadeurs tout de même. On a ainsi tellement chanté les vertus de notre interculturalité.
"Allons enfants de la patrie,le jour de gloire est arrivé". Comme pourrons-nous, demain, chanter cet hymne sur tous les terrains d'Afrique du sud et du monde entier après une telle "disqualification" ! Comment pourrons-nous, dans nos écoles, sur nos stades et dans nos familles, prêcher le fair-play du sport, l'honnêteté si nous nous accordons le "droit" de tricher ou de frapper - le coup de tête de Zidane n'est pas oublié -  quand cela nous arrange. Ainsi donc, la vérité serait "malléable" à souhait, selon qu'elle nous arrange ou nous dérange. Ainsi l'équité serait à géométrie variable et porterait le maillot national uniquement quand elle nous favoriserait.
Etrange pays que la France où l'on découpe désormais l'intégrité en tranches. Les affaires du football ne sont pas les affaires politiques, alors que l'origine du mot même renvoie chacun, ou devrait renvoyer chacun, aux affaires de la cité.
Chacun a ses règles, quoi ! serons-nous tentés de dire. Pas étonnant dès lors que les banquiers et autres traders se soient affranchis de toute moralité lors de la crise des subprimes.
Ne rejouons pas ce match contre l'Irlande et le maillot français, comme les individus qui le portent en toutes circonstances, sera "tâché" à jamais. On n'en parlera pas toujours, mais on ne l'oubliera jamais. On peut déjà envisager de changer les paroles de la Marseillaise ou décider de ne plus la chanter avant les matchs car il n'y aura plus de "jour de gloire". Il faudra s'habituer à ne plus être cocardier. A ce que le mot France soit sans valeur. Sauf, bien sûr, pour d'étranges... supporters.
Jean-Paul BUSNEL  

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Published by La crise n'est pas une fatalité
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