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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 28 janvier 2008

La Société Générale, mal conseillée sans doute par ses avocats et ses assureurs, a fait le choix du "bouc émissaire" dans la crise qui la frappe. Elle s'est empressée de désigner un coupable "idéal" en la personne d'un jeune trader pour le moins imprudent. Mais, se faisant, dans la plus complète des précipitations et après quatre jours de "réflexions", elle a manqué de discernement et, aujourd'hui, l'affaire lui revient en pleine tête, tel un boomerang.

Le "responsable mais pas coupable" de la Société Générale n'a pas convaincu. Même si, au passage, il a complètement  "fusillé" son management et entraîné l'éviction de plusieurs directeurs de salles de marché. Chaque jour qui passe amène des éléments nouveaux. L'on apprend ainsi que les "positions" exorbitantes et frauduleuses du jeune trader étaient, semble-t-il, équilibrées quand elles ont été découvertes. Et ce serait finalement la banque qui, en vendant précipitamment les positions sur un marché flottant à la baisse, aurait entraîné les pertes de près de 5 milliards d'euros.

Le reste est à l'image de cette communication de crise, désastreux. Daniel Bouton se retrouve aujourd'hui sur un siège éjectable pour avoir manqué de la plus élémentaire prudence et de la plus nécessaire humilité. Sa diatribe vengeresse sur un jeune salarié de 31 ans a manqué de mesure et de discrétion. Son désir de vouloir "rassurer" les actionnaires et petits porteurs a tourné à la démonstration enfantine et a entraîné la suspicion sur tout le groupe.

Les dégats risquent d'être considérables. Ils le sont déjà pour l'image de la banque françaises à l'étranger. Ils ne font ni rire, ni sourire car ils sont la preuve de la faillite des organismes de contrôle interne de la Société Générale. Ils sont aussi la démonstration d'une déplorable gestion de crise. Sans parler de la communication qui va avec.

Jean-Paul Busnel

Mots-clés : banque, communication de crise, SciencesCom, crise, Société Générale, enseignant, expert, formation, Centrale,  gouvernement

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Samedi 22 décembre 2007

La mise en scène de Carla Bruni ne doit rien au hasard. En fin connaisseur des médias et de la communication en général, Communication  de crise comprise, Nicolas Sarkozy a effectué ce que l'on appelle un "déplacement latéral" de l'actualité. Mis sur la sellette avec la visite officielle de Kadhafi, le chef de l'Etat se devait de reprendre la main. Il l'a fait de fort charmante manière.

L'officialisation de Carla Bruni aurait sans doute eu lieu. Mais elle a été avancée fort opportunément.

Mais le Président n'aura pas toujours un atout de charme dans sa manche pour se sortir d'un mauvais pas.

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Dimanche 14 octobre 2007

L'affaire EADS est "exemplaire" en ce qui concerne la mauvaise gestion de crise. On peut en effet très longuement s'interroger sur cette stratégie du silence employée quand plus d'un millier de cadres et une vingtaine de dirigeants sont mis en accusation publiquement.  Ne rien dire, et, dans cette affaire, rien n'a vraiment été dit, c'est accréditer l'accusation de délits d'initiés et faire accroire que nombre de dirigeants se sont remplis les poches à bon compte, c'est-à-dire sur le dos de la Caisse des Dépôts et, en final, sur le dos des contribuables. Dès lors, toutes les rumeurs vont bon train et la "chasse à l'homme cupide" ne fait que commencer. Avec son lot d'injustices et de diffamations.

Louis Gallois a bien essayé, la semaine dernière, d'utliser la formule du "déplacement latéral" pour rappeler que cette affaire n'enlevait rien aux qualités du nouvel Airbus A-380 et qu'elle ne pouvait entâcher la haute technicité de l'entreprise. Mais, à trop tarder à s'exprimer,  la société a laissé une suspicion généralisée "condamner" durablement la gouvernance du groupe dans son ensemble ainsi que l'utilisation massive des stocks-options.

Arnaud Lagardère, trop longtemps silencieux lui aussi, affirme qu'il avait informé le gouvernement d'alors, dès janvier 2006, de son intention de vendre une partie de son capital. C'est sans doute vrai, mais on a du mal à le suivre complètement quand il certifie n'avoir été informé des retards de livraison de l'avion qu'en juin de la même année. Ou alors, cela voudrait dire qu'il est non seulement mal conseillé, mais aussi très mal secondé. Bref, que l'argent de ses actionnaires est entre de mauvaises mains. Enfin, une telle affirmation laisserait supposer également qu'Airbus industrie est géré "à la petite semaine" et que l'on s'est subitement aperçu en quatre mois que le programme opérationnel subirait un retard de.... 18 mois. Ce qui n'est pas crédible.

Arnaud Lagardère pourrait, s'il le voulait, sortir de cette affaire par la grande porte. En rendant par exemple les 700 millions d'euros de plus-values que cette vente opportune lui a laissés. mais le fera-t-il volontairement ou y sera-t-il contraint ?

L'homme d'affaires a, en tout cas, tenté hier, dans "le Journal du Dimanche", de "déplacer" la crise sur le terrain politique. Il a en effet, directement ou indirectement, mis en cause l'ancien Premier ministre,. Dominique de Villepin, qui a assuré n'avoir jamais été saisi de l'opération. Or l'on sait aujourd'hui que Matignon avait suivi toute l'opération et que de nombreux "mémos" avaient été échangés.

La crise est donc loin d'être terminée. même si cette semaine on parlera sans doute plus de la livraison du nouvel Airbus, véritable prouesse technique, à Singapore Airlines que des malversations de certains dirigeants.

Il reste aussi que le gouvernement devra rapidement réformer l'utilsation des stocks-options et rendre la "formule"  plus vertueuse. C'est possible de deux façons : d'abord en imposant des cotisations sociales sur leurs revenus et, ensuite, en interdisant leur revente par un dirigeant en exercice, un peu comme cette épargne salariale dont l'on ne peut disposer qu'en cas de démission, mariage, naissance ou décès.

Jean-Paul BUSNEL

Mots-clés : Louis Gallois, EADS, Arnaud Lagardère, Airbus, Communication de crise, expertise, Jean-Paul Busnel, SciencesCom, communication, crise, journal, Singapore Airlines, consultant, expert, dominique de Villepin, Etat.

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Dimanche 30 septembre 2007

Les Antilles françcaises peuvent se faire du souci. Un silence pesant règne en effet sur place et en métropole depuis les grandes révélations des pollutions massives aux pesticides. Et ce n'est pas de bonne augure à quelques semaines du début de la grande saison touristique. Car les touristes peuvent se poser légitimement des questions quant à la sécurité alimentaire et sanitaire en général. Et personne, étrangement, n'y répond.

La politique de l'autruche n'est pas bonne conseillère en communication de crise. Ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire semblent désormais une stratégie d'un autre âge. Aujourd'hui, les populations sont en quête d'éthique, de transparence et de responsabilité. Elle veulent savoir si elles peuvent consommer de l'eau, des oeufs, du boudin, des acras et du soleil en toute sécurité. Sans risque de cancer de la prostate ou de contamination foetale pour les femmes enceintes. Il y a un besoin de savoir qui, s'il n'est pas satisfait, se transformera inévitablement en rejet profond et en... désintérêt général.

Dès aujourd'hui, il faudrait communiquer  tant en termes rationalistes qu'en termes symboliques. Tant en termes de santé publique qu'en termes de solidarité nationale. Or le vide actuel est sidérant.

Ce qui peut faire redouter une autre crise. Celle d'identité. Quand les habitants des îles nous reprocheront bientôt de les avoir abandonnés et... contaminés.

Jean-Paul BUSNEL

Crédit photo : lesantilles.net

 

Mots-clés : Communication de crise, pesticides, Antilles, Guadeloupe, soldarité, consulting, Jean-aul Busnel, expertise, Martinique, pollution, SciencesCom, communication, éthique, gouvernement, tourisme

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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

- Le 12 février - Communication de crise à Centrale

 

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