La proposition de François Hollande, hier soir, lors du Grand jury RTL-Le Figaro, d'instaurer un service civil obligatoire, au cas où la gauche reviendrait au pouvoir, n'est pas en soi une mauvaise idée. Chacun sent bien, en effet, combien une telle période de bénévolat, offerte indistinctement aux jeunes femmes comme aux jeunes hommes de notre pays, pourrait être un facteur de renouveau et de ciment social.
Cette idée mérite d'autant plus d'être approfondie que les récentes émeutes des banlieues ont largement démontré l'échec des diverses politiques d'intégration. Et que les jeunes d'aujourd'hui, dans leur grande diversité, ont désormais plus l'impression de se cotoyer que de se connaître.
C'est un peu comme si l'abandon du service militaire, décrété un jour autoritairement par Jacques Chirac, avait favorisé cette propension des hommes à l'individualisme forcené et réveillé des relents de lutte des classes !
Il est un fait certain que rien ne rassemble plus aujourd'hui la nouvelle génération. Ni l'école, ni l'armée, ni l'emploi, ni l'Etat, ni la... nation. Et que ce grand vide doit être comblé de toute urgence, et pas seulement par de la musique rapp ou de multiples appels aux inscriptions électorales.
Mais François Hollande a sans doute tort de conditionner l'instauration de ce service civil au retour de la gauche au pouvoir. Car ce service n'a pas à avoir d'étiquette. Il ne peut être de parti pris. Il n'est pas de programme ou d'ambition. Il est d'actualité pressante. Enfin, ce service ne devrait même pas être civil.
Il devrait être seulement... citoyen.