La décision polonaise, hier soir, de bloquer seule l'accord européen sur les taux réduits de la TVA, a plongé le gouvernement français dans la consternation. Même si Bercy a tenté aussitôt de dédramatiser la situation en déclarant que les négociations continaient... En fait, dès demain, l'union européenne devrait sommer les neuf pays, dont la France, appliquant un taux réduit "pour les secteurs à haute intensité de main d'oeuvre" de se mettre en conformité, sous peine de sanctions financières, l'accord étant caduc rétroactivement au 31 décembre dernier. Ce refus polonais est un peu la réponse du berger à la bergère, une sorte de revanche du "polski hydraulik", ce fameux plombier polonais stigmatisé par la France lors la campagne référendaire. Il prolonge également deux ans de contentieux entre Paris et Varsovie, faits de maladresses et de "leçons" de démocratie. Comme lorsque Jacques Chirac a reproché aux Polonais d'avoir acheté des avions militaires... américains puis d'avoir soutenu la guerre en Irak ou "d'avoir perdu une occasion de se taire".
Il est enfin un sursaut d'orgueil et de fierté. La Pologne voulait en effet que l'on prolonge ses propres taux réduits, accordés au titre de son traité d'adhésion à l'Union, au-delà de 2007. Mais la présidence européenne autrichienne a autoritairement refusé cette renégociation "pour une question de principe". Oubliant que les principes ne sont d'abord que "des règles qu'on prescrit aux autres pour soi" comme l'écrivait Diderot.
Alors, il va falloir trouver une porte de sortie. Paris va sans doute vouloir demander à la Pologne de reconsidérer son refus, au moins jusqu'en 2007. Histoire de se donner un an de réflexion et, par un compromis simple, d'éviter, dans un pays comme dans l'autre, une petite... révolution.