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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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STOP

Jean Lassalle est épuisé. Sa grève de la faim l’a amaigri. Le député parle encore, mais de moins en moins fort. Son combat l’achève à petit feu au milieu des curieux. Le Tartarin des Pyrénées n’a désormais plus la force de raisonner, encore moins celle de s’arrêter. Mais le pire est sans doute qu’il n’a plus rien à prouver au sein d’une société qui n’est plus celle des grandes solidarités ou des accents de fraternité.

Quelles que soient ses idées, ou les nôtres, il aura démontré son amour du pays et son attachement à sa vallée. Quelle que soit la démesure de son action, ou notre absence de réaction, il aura fait preuve d’une volonté et d’une détermination qui méritent bien d’être saluées. Mais, aujourd’hui, le courage, le vrai courage est ailleurs. Il n’est plus chez lui, mais chez les autres. Il est de l’aider à s’arrêter. De le convaincre de recommencer à s’alimenter pour nourrir au moins l’affection des siens, à défaut de celle de la Nation, des industriels ou des autres parlementaires.

Car le député Jean Lassalle s’est désormais trop engagé pour stopper de lui-même. Il s’est trop investi pour accepter de capituler. En bon montagnard de cœur, la tête près du béret, il s’imagine peut-être encore naïvement que la solution à l’emploi de sa vallée passe par le sacrifice de sa santé.

Ah ! bien sûr, comme on aurait aimé qu’il ait trouvé la bonne idée, le rémède en quelque sorte à toutes les délocalisations, présentes et à venir. Il aurait, dès lors, suscité nombre de vocations et découragé… quelques implantations. Ainsi plus personne n’aurait eu à redouter désertion ou désertification. Mais c’est bien aussi pour cela qu’il ne peut pas gagner.

Tout comme il ne peut pas perdre. Car perdre dans son cas, cela voudrait dire mourir et ne servir à rien, ni aux hommes, ni à sa vallée, ni aux siens. Ce serait risquer d’être aujourd’hui célèbre et anonyme demain. Ce serait vouloir être inutile à jamais pour avoir défié japonais, tel un kamikaze béarnais.

Alors que l’on a toujours besoin d’un Jean Lassalle quelque part. Pour nourrir les paradoxes. Et vouloir autant garder les usines à la montagne que mettre… les villes à la campagne. Tel Alphonse Allais pour qui « croire que les suicidés sont les habitants de la Suisse » était d’abord et avant toute chose « le comble de l’erreur… géographique ».

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