
Il faut s'attendre, même si personne n'en parle vraiment, à de nombreuses suppressions d'emplois dans le secteur bancaire français dans les mois qui viennent. La crise des subprimes, qui provoque des faillites en chaîne aux USA, a affecté durablement toute la filière et sans doute plus encore les banques mutualistes de notre pays. Les bénéfices déclarés sont ainsi largement inférieurs à ceux de l'an passé.
Mais, en terme de communication de crise, les patrons français ont, contrairement à ce que l'on peut observer ailleurs, choisi d'observer le silence le plus complet. Peu leur importe finalement que le CAC 40 s'effondre, que chaque jour soit porteur de nouvelles inquiétantes concernant les marchés. Comme si le client hexagonal n'atait pas assez adulte pour comprendre ce qui se passait. Et comme si le temps allait faire son oeuvre et entraîner l'oubli.
On se croirait revenu au temps de Tchernobyl. Au temps où, aveuglément, l'on voulait faire croire "que le nuage s'était arrêté aux frontières". Hélas...
Cette stratégie du silence a, certes toujours ses adeptes, mais aussi ses... limites. Car il n'y a pas d'oubli en ce quui concerne le porte-monnaie. Et nos compatriotes, s'ils aiment que l'on ait "le pouvoir de dire oui", adorent aussi qu'on "leur parle vrai". Or il faudra bien parler un jour, avouer pertes et profits et justifier quelques mesures de rigueur, tant sur les prêts que sur l'emploi.