Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

Publicité

OTAGE

C’est une bien triste révolution qui est en marche au Népal. Sur fond de cruauté, de massacres et d’ignorance. Et plus rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ni les balles réelles de forces de police, ni les promesses évasives et tardives du roi Gyanendra. Et hier, tandis que les Etats-Unis ordonnaient à leurs ressortissants de quitter le pays, le sang coulait de nouveau dans la banlieue de Katmandou, faisant craindre le pire pour aujourd’hui. Le peuple n’a en effet plus rien à perdre ou à gagner dans ce petit pays déchiré par 10 ans de guérilla avec les rebelles maoïstes. Alors qu’il vivait déjà de pauvreté, il souffre désormais de pénurie depuis le début du mois. De pénurie d’essence, d’aliments et de médicaments. De pénurie de tout, de liberté comme d’espérance et de bons sentiments. Et il sera encore dans les rues, ce mardi, à l’appel des partis de l’opposition, pour réclamer le rétablissement de la démocratie pluraliste. Un slogan bien trop grand pour lui qui sait à peine parler le népalais, qui est analphabète à 50% et plus pauvre que son voisin du Bangladesh. Alors, il marche sur le palais, comme Forrest Gump courait, sans illusions ni convictions, éternellement écartelé entre opposition et rébellion. Otage et victime de tous les « pouvoirs » ou potentats. Souffrant toujours de n’avoir pu faire le deuil du roi Birendra et ne comprenant rien aux arcanes politiques et idéologiques.

L’armée, seule, permet encore à la dynastie des Shah, qui gouverne le pays depuis 240 ans, de tenir bon. Mais pour combien de temps ? Jusqu’où soutiendra-t-elle Gyanendra, devenu roi par hasard, sinon par trahison, après l’assassinat de son frère, mais se comportant comme un monarque de droit divin ? Ce nouveau roi, cupide et arrogant, a poussé la bêtise jusqu’à supprimer la démocratie parlementaire, péniblement instituée en 1990, et la remplacer l’an dernier par une sorte de monarchie absolue, autoritaire et sanguinaire. Il n’aura réussi finalement qu’à réconcilier entre eux les sept principaux partis politiques et les amener à faire alliance avec la rébellion. Otant ainsi les dernières illusions d’un  peuple racketté et manipulé de tous les côtés.

Quatre fois plus petit que la France, avec une espérance de vie qui ne dépasse pas 62 ans, mais dominant le monde par ses sommets, le Népal n’en peut plus d’espérer que l’on respecte enfin son nom qui signifie « le début d’une nouvelle ère ». 

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article