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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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GESTE

Place au sport. Au vrai. A ce combat que l’on dit à la loyale entre les onze du Barça et ceux d’Arsenal. A cet étalage de talents sur tapis vert et gazon français. Où driblles courts et passes en profondeur le disputent aux petits et aux grands ponts. Ce soir, l’Europe, la France, et pas seulement le stade du même nom, auront la tête ailleurs. Oubliés Clearstream et le gouvernement. Les tacles appuyés de Nicolas Sarkozy et les démentis trop polis de Dominique de Villepin. Effacée définitivement des mémoires la motion de censure qui ne sert à rien et les vitupérations de supporteurs partisans à l’excès. Ecartés du jeu les appels à l’arbitre de François Hollande et les passes en retrait de François Bayrou. Et toutes ces défaillances de la politique qui n’ont jamais fait gagner une équipe.

Place au sport. Au vrai. A celui qui réserve ses commentaires en direct aux spectateurs et qui ne vend pas, comme le sélectionneur, son maigre savoir à un opérateur de téléphonie mobile. A celui qui fait vibrer les foules par un geste technique ou une illumination de génie. Oubliées finalement les « magouilles » sponsorisées de Raymond Domenech et celles financières ou saisonnières de « la Juve » pour ne retenir que l’image d’une finale adorée.

Place enfin à la ligue des Champions. Aux Pirès, Henry, Cesc et Reyes qui n’on à rien à envier aux Ronaldinho, Messi, Puyol et Giuly. Aux « punis » du Mondial comme aux sélectionnés. A tous ces artistes du ballon rond aux crampons cousus d’or qui mouillent leur maillot et ne comptent pas leurs efforts.

Basta pour le reste ! Et tant pis pour cet arbitre-assistant qui paye pour les autres. Il fait les frais de cet ère du soupçon qui désormais entoure toutes les compétitions. Victime expiatoire d’une atmosphère empoisonnée, il est tout à la fois la « sanction qui rassure » et le dernier « avertissement sans frais ». Pour avoir posé en photo dans un journal norvégien avec un maillot de Barcelone, parce qu’il n’avait que celui-là sous la main, il a été aussitôt remplacé. De crainte, peut-être, qu’il ne marque, lui aussi, un but… contre son camp.

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