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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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COEUR

On l’attendait à Barcelone, mais il restera à Arsenal. Préférant finalement le fog londonien au soleil catalan. Mais comment lui en vouloir ? L’homme est aussi attachant que le footballeur est stupéfiant. Thierry Henry fait l’unanimité autour de lui. Ni mercenaire, ni tête enflée, cet authentique champion surprend par ses déclarations posées, son engagement contre le racisme et sa discrétion dans la vie. Et, de mémoire de supporteur, c’est bien la première fois que l’on a pu entendre un joueur affirmer, un soir de défaite, que son club avait montré « qu’il avait un cœur ». Comment, dès lors, s’étonner que son entraîneur et son président aient insisté pour prolonger son contrat. Comment rester insensible à un homme qui remercie toujours les supporteurs de venir l’applaudir et les compare tout le temps à une « famille » qu’il ne peut pas quitter. Comment ne pas s’attendrir en voyant ce sportif de haut niveau embrasser la pelouse du vieux stade d’Highbury où il jouait pour la dernière fois.Total respect…

Thierry Henry est heureux en Grande-Bretagne. Il y a trouvé racines avec son épouse, le mannequin anglais Nicole Merry, et Téa, leur petite fille de 1 an. Capitaine des Gunners, il promène sa longue silhouette sur tous les terrains de la Premier League avec la même fausse nonchalance qui l’avait fait remarquer jadis à Monaco. La même gentillesse, le même talent et la même correction.

Barcelone lui offrait le maillot du club champion, la fortune et la gloire en partage avec les Ronaldinho, Eto’o et autres Messi. Mais ce n’était sans doute pas grand-chose en regard de l’amour du jeu qui prime et l’entoure en Angleterre. Pourtant, les Catalans n’en étaient pas à leur première tentative. Ils avaient déjà essayé de s’offrir l’attaquant en l’an 2000, pour 216 millions de francs, quand ils cherchaient à remplacer Luis Figo. Mais Londres a sûrement d’autres attraits que l’Espagne n’a toujours pas, et le club avait refusé de s’en séparer. Quant à l’argent, il n’a l’importance que l’on croit que lorsqu’il n’atteint pas déjà les sommets. Or Thierry Henry rempile à Arsenal pour quatre ans et 162.000 euros par semaine. Car on peut aimer mouiller le maillot sans pour autant jouer les désintéressés. Mais pas question de se relâcher. « Quand vous êtes satisfait, vous vous relâchez et je ne veux pas de ça » disait encore, Thierry Henry mercredi, à Ouest-France, quelques heures avant la finale.

Comme quoi, l’on peut n’avoir que 29 ans et rester un éternel perfectionniste. Habiter Londres, aimer le beau jeu et garder les pieds sur terre tout en rêvant encore de Coupe du Monde et d’équipe de France avec humilité, cœur et fidélité. En bon… équipier.

 

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