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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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DELIVRANCE

Un match de football dure 90 minutes. Pour l’avoir oublié, ou, plutôt, pour n’avoir pas su les « tenir », les tricolores ont, une fois de plus, laissé échapper la victoire, hier soir. Les Coréens n’étaient pourtant pas des foudres de guerre, mais ils n’ont jamais baissé les bras ou traîné des pieds, à l’image d’un Zidane par moment complètement dépassé. Ils ont alors copieusement dominé la seconde mi-temps par leur ardeur au « combat », leur pugnacité et leur ténacité. Et c’est en toute logique qu’ils ont égalisé, juste récompense de leurs efforts coordonnés.

Désormais, l’équipe de France n’a plus qu’un match pour se sauver du désastre et espérer une qualification. Elle le jouera vendredi contre le Togo sans Zidane et Abidal, tous deux sanctionnés pour des fautes stupides. Reste à savoir quelle sera son moral. Car, hier soir, on a été frappé par l’absence d’un véritable meneur de jeu dans cette formation tricolore. Il n’y avait ni chef, ni patron. Même en première mi-temps où la fraîcheur physique des Français a pu faire croire un instant à une véritable résurrection. Mais la bonne volonté de Malouda, les rushes un peu désordonnés de Ribery et la pression constante exercée par Henry en attaque n’ont pas suffi à donner du talent aux Bleus toute une partie. Il manquait sans doute un Beckham ou un Figo, en milieu de terrain.

Il faudrait donc vraiment un miracle pour que les hommes de Domenech, ce spécialiste des « espoirs », remportent cette Coupe du monde. Mais, avant de rêver de finale, il faudrait même quelques belles incantations pour qu’ils ne soient pas malmenés par le Togo. Il faudrait enfin un « Mémé » Jacquet pour y croire encore, tellement la tâche peut apparaître insurmontable. Et, surtout, il faudrait un grand sorcier pour insuffler à ce groupe ce supplément d’âme qui semble lui manquer cruellement.

La France, ce matin, manque d’oxygène dans tous les salons. La semaine de travail commence dans la morosité. Elle sera longue et difficile à supporter. Non seulement, personne ne pourra fêter dignement le début de l’été, mercredi, mais chacun devra attendre, contraint et forcé, la « délivrance » de vendredi. Tant dans le camp des supporteurs que dans celui de ceux qui ne l’ont… jamais été. 

 

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