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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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"CAROTTE"

Deux mots ont été « évités » durant ce Mondial 2006, malgré l’environnement ambiant. Deux maux ont été « épargnés », malgré quelques scandales retentissants, notamment en Espagne et en Italie. Il s’agit du dopage et de l’argent. Il est vrai que la Fifa a fait bonne garde et encadré la compétition comme il le fallait. Mais il ne faut pas en déduire, pour autant, que ces deux termes ont été absents. En ce qui concerne le dopage, tout d’abord, la fédération internationale n’a pas autorisé les contrôles sanguins. Dès lors, les  « Ullrich ou Basso du ballon rond » n’avaient rien à craindre des prélèvements d’urine qui, depuis la nuit des temps déjà dans le cyclisme, ont montré leurs limites.

Question argent, le problème a été résolu autrement, en « arrosant » largement. C’est ainsi que la Fifa verse un petit pactole aux fédérations sportives des pays concernés par la phase finale. Toutes les équipes ont « touché », même celles non qualifiées pour les 1/8ème  de finale qui ont reçu 4,5 millions d’euros. Ce qui permet, pour le moins, de payer les frais de déplacement. Et, pour être sûre que les malheureux « Eperviers » touchent leur prime de 155.000 euros par joueur, négociés au pays avant l’épreuve, la Fifa a déduit directement cette somme de l’enveloppe globale rétrocédée au Togo et payé elle-même les jeunes footballeurs de… la main à la main, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.

Il va sans dire que les sommes vont grandissantes au fil des qualifications. Elles « s’arrondissent » ainsi largement au stade des demi-finales. Pour donner, finalement, à la fédération « gagnante » un jackpot de 15,6 millions d’euros, net d’impôts.

Pour le reste, à savoir salaires des joueurs et « intéressements » au résultat, tout a été affaire de négociation interne, entre popularité du sport et générosité des sponsors. Mais, dans ce domaine, les surprises n’ont pas manqué. C’est ainsi que ce sont les joueurs ukrainiens qui ont le mieux défendu leurs intérêts. En cas de victoire au Mondial, ils auraient touché, chacun, 800.000 euros. La prime était sans doute inversement proportionnelle à la probabilité qu’ils gagnent. Ce qui était sans doute également vrai pour les 410.000 euros promis aux Coréens du sud, les 300.000 euros promis aux Paraguayens. Mais le raisonnement ne tient pas parfaitement quand on s’aperçoit que chaque joueur américain n’aurait obtenu que 135.000 euros. Pour leur part, les Espagnols auraient touché 570.000 euros par personne et les Allemands 300.000. En fait, les grand perdants étaient les favoris de l’épreuve, les Brésiliens, qui en cas de victoire, auraient empoché chacun 135.000 euros. A peine de quoi donner envie de « mouiller le maillot ».

Les Français, quant à eux, encaisseront chacun 240.000 euros en cas de victoire. Ce qui n’est pas si mal même si, déception oblige, la « carotte » a été diminuée par rapport à 2002 (300.000 euros).

On ne connaît pas la somme des Italiens. Du moins, pas officiellement. Mais on sait déjà qu’ils bénéficieront, s’ils gagnent, d’un prix supplémentaire. Le prix de … la rédemption.

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