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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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CONGES

Nicolas Sarkozy semble vouloir profiter des vacances de tout le monde, des Français comme du Pouvoir, pour entrer en campagne, livre à l’appui. Profitant en quelque sorte de la canicule et du désoeuvrement, du farniente et du temps de la réflexion. Le ministre de l’Intérieur entre ainsi, un peu par effraction, dans le jardin personnel de chacun, au pays de l’été, des cigales et de l’insouciance. Espérant sans doute que son nouvel ouvrage, dont 500 exemplaires seront dédicacés, trouvera toute sa place au camping des flots bleus comme au Martinez, entre merguez et caviar, sardines ou homards.

Hier soir, sur TF1, le « nouveau » jeune marié d’un amour retrouvé, alliance au doigt, avait tout l’air d’un candidat prêt à sacrifier ses derniers congés pour séduire. Mais, contrairement à d’aucuns qui, comme Giscard, voulait regarder la France au fond des yeux, Nicolas rêve, lui, de la rencontrer en « maillot de bain ». Il est d’ailleurs déjà attendu à Palavas-les-flots, Saint-Rémy-de-Provence et Arcachon, tenant Cécilia par la main.

Son livre sera ce matin dans toutes les bonnes librairies, sur toutes les lèvres et dans tous les esprits. Ses 280 pages d’ambition sincère et de « Témoignage » particulier en feront une base de départ ou un livre de chevet, un réveil-matin ou un somnifère. Mais elles lui auront permis tout autant de prendre du recul que de prendre date. C’est un peu son « 4 novembre 1995 » à lui. Pas de dépêche à l’Afp, ni d’entretien à « La Voix du Nord », mais un livre bien charpenté avec, comme son ex-mentor, la maîtrise de la langue et l’emploi de mots rares. Sans le souci de la contradiction.

L’homme a aussi de l’humour. Parlant de son ouvrage, il a expliqué, hier soir, avoir volontairement négligé l’autocritique. « Il y en a suffisamment qui s’en occupent ». Il a convenu qu’il y avait eu des crises avec Jacques Chirac, comme avec d’autres. « J’ai 51 ans. J’ai passé l’âge de haïr qui que ce soit ». Une dernière phrase qui aurait sans doute fait exploser le détecteur de mensonges, s’il avait été installé, tant on a senti, peu après, combien Nicolas Sarkozy avait été blessé par les commentaires sur sa crise conjugale. N’est pas « Sphinx » qui veut.

Mais c’est certain, l’homme a de l’allant et du répondant. Il lui reste désormais à conquérir du… Président.

 

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