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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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COCORICO

Certains prétendent y voir désormais plus « clair » grâce à l’accord franco-américain sur le Liban. D’autant que Paris  « triomphe » sans réserve. Il est vrai que l’on a aujourd’hui le sentiment que les hostilités vont pouvoir enfin s’arrêter. Quand le Liban sera complètement détruit. Quand le Hezbollah sera totalement décimé ou n’aura plus de munitions. Quand Israël aura décidé de stopper son offensive terrestre. Quand tous les ressortissants étrangers auront quitté le pays du Cèdre. Bref, quand il n’y aura plus aucun danger, ni aucun risque, pour entraver la marche en avant d’une force internationale de « coercition ». Ce qui n’est plus l’affaire que de quelques jours, au pire de quelques semaines, vu l’ampleur des bombardements en cours. Tous les ponts ou presque sont détruits. Les principaux sites de stockage de pétrole sont en feu. Le tissu industriel est en piteux état et la majorité des salariés sont en chômage « technique ».

Le texte « libérateur », qui sera peut-être adopté cet après-midi au Conseil de Sécurité, prévoit en effet « une cessation complète des hostilités, basée en particulier sur la cessation immédiate de toutes ses attaques par le Hezbollah et de toutes ses opérations militaires offensives par Israël ». Il n’exige aucunement le retrait israélien du sud-Liban et il sous-entend « clairement » que tant que le Hezbollah ne cessera pas son agression sur l’Etat hébreu, la guerre se poursuivra. Car Tsahal conserve le droit de « se défendre ». Neuf principes suivent qui ne sont en fait que vœux pieux ou reprise des accords de Taïf déjà bafoués à de multiples reprises. Pourtant, le « coq » triomphe et veut se monter du col. Alors que la « simple » demande de respect de l’intégrité territoriale du Liban remonte à… 1978.

Mais, pas la peine d’ergoter, l’ONU s’apprête seulement à accoucher d’une « souris ». Ce n’est pas la première fois et ce n’est sans doute pas la dernière. Comment pouvait-il d’ailleurs en être autrement quand l’organisation internationale se révèle incapable de faire appliquer ses anciennes décisions ? Il en est ainsi notamment de la résolution 1559 qui prévoyait le désarmement du Hezbollah par l’armée libanaise. Cette décision date de deux ans , mais n’a jamais été suivie d’effet en ce qui concerne la milice terroriste. On voit d’ailleurs mal comment elle aurait pu l’être quand le ministre libanais des armées, chargé de la faire appliquer, est lui-même membre du groupe terroriste.

Le cocorico français sonne donc un peu faux. Il n’est en fait que l’alignement sur la position américano-israélienne qui, depuis le début du conflit, exige la mise hors d’état de nuire du Hezbollah.

De gré… ou de force.

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