Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
11 septembre 2001 ! Cinq ans déjà, comme si c’était hier ! 3.000 victimes ! Et le monde tremble encore ! On a beau ne plus vouloir y penser, chasser ces terribles images de son esprit, éviter les journaux, fuir les infos à la radio, l’ombre des tours jumelles hante toujours notre mémoire. Jamais «liberté » n’aura été autant attaquée. Jamais, carnage n’aura été autant délibéré. Jamais l’occident n’aura été autant défié. Et pourtant !
Cinq ans après, Ben Laden court encore, les intégristes sèment toujours la mort et le monde libre récolte leur tempête. La Grande-Bretagne, déjà lourdement éprouvée en juillet 2005 par quatre attentats-suicide dans le métro, vient de démanteler un complot « aérien » de grande ampleur. L’Allemagne a évité le pire de justesse fin juillet grâce à la défaillance des détonateurs de deux bombes dissimulées dans des wagons. Quant à l’Espagne, elle ne se remet toujours pas des attentats de Madrid qui, le 11 mars 2004, ont fait 191 morts et près de 2.000 blessés dans plusieurs trains de banlieue.
Chacun sait désormais que le terrorisme est dissimulé partout et qu’il choisit toujours des cibles innocentes. Ou, plutôt, qu’il ne choisit pas et se contente d’appuyer sur le bouton. Nul n’ignore plus qu’il ne s’abrite pas obligatoirement sous des identités étrangères et qu’il vise indifféremment croyants et incroyants. Le fanatisme islamiste d’Al-Quaïda n’a que faire de la nationalité des victimes ou de leur religion. Des femmes enceintes, des vieillards ou des enfants. Il ne vise qu’à éclabousser de sang les symboles de la démocratie qu’il juge impurs à ses yeux. Comme si les tours jumelles ou les trains de travailleurs madrilènes avaient une âme. Une âme… damnée que des « fidèles » illuminés voudraient exorciser.
C’est sans doute ce qui rend cette lutte difficile. George Bush en a fait une « croisade » électorale alors qu’il fallait en faire une traque internationale. Il en a fait un outil personnel alors qu’il fallait en faire une cible universelle. Des hommes ont bien été arrêtés, interrogés en secret, enfermés sans droits, ni légalité, mais ils n’ont jamais été jugés et n’ont rien révélé publiquement de leurs terribles secrets. « Interdisant » peut-être au monde de savoir un jour contre qui il devait avant tout se protéger.
Certes, il n’est jamais trop tard, mais l’on a parfois l’impression que chaque pays a renoncé devant l’absurde. Que chaque nation s’est « pelotonnée » sur elle-même, trop « heureuse », l’émotion passée, d’avoir échappé à la tragédie. Trop « peureuse » pour combien… de temps.