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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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Nicolas Sarkozy a sûrement eu tort de dénoncer ainsi la “démission” de la justice à Bobigny, mais les magistrats n’ont pas plus raison de se draper dans leur dignité outragée. « Tous coupables » pourrait-on dire. « Tous coupables » de faire… semblant. Le ministre, d’abord, quand il laisse à penser que c’est en incarcérant des lampistes que l’on calmera les banlieues ou stoppera les violences. Les juges, ensuite, quand ils évoquent, pour se défendre, les prétendues mesures éducatives qu’ils prennent, alors qu’elles n’existent pas ou trop tard et que le suivi des primo délinquants n’est qu’une vue de l’esprit. Quand les hommes en noir se gargarisent d’enquêtes sociales qui ne sont, bien souvent, que des « pompes à fric » pour quelques cabinets bien en Cour. Quand, enfin, ils bâclent de longues enquêtes par vice de procédure ou les laissent dormir sur le coin d’une table, le temps d’obtenir leur nouvelle affectation.

Ce matin, «l’autorité judiciaire » va réclamer l’arbitrage du Président, de celui-là même qu’elle devrait mettre en examen plus d’une fois à la fin de son mandat. Aujourd’hui, le Premier président de la Cour de Cassation va demander au chef de l’Etat d’user de ses prérogatives et de calmer son ministre de l’Intérieur qui dit trop fort ce que tout le monde pense tout bas.

Guy Canivet n’abordera pas les problèmes au fond, mais il sera volontiers critique sur la forme. C’est d’ailleurs son rôle tout comme celui de son institution qui n’est pas un troisième degré de juridiction. Mais s’il avait été un homme « libre », il aurait pu dire que non, la Justice n’est pas pourrie, mais elle n’a toujours pas les moyens de ses ambitions. Non, la justice ne démissionne pas, mais nombre de ses représentants confondent devoirs et sentiments dans une totale impunité. Non, la justice n’est pas si mauvaise, mais quand des magistrats donnent une mauvais image d’elle-même, comme à Nice ou à Outreau, sans être sanctionnés, elle tend le dos pour se faire éclabousser. Non, la Justice ne passe plus quand victimes et policiers ont la sensation d’être délaissés, négligés, « snobés », toisés par de jeunes tourtereaux fiers et arrogants encore nourris du lait de leur faculté.

Nicolas Sarkozy, quant à lui, n’aurait jamais dû parler de « démission » à propos de la Justice de son pays. Il aurait dû parler de… maladie.

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J
Aussi, Jean-Paul, n'oublions pas que déconsidérer les juges dans leur ensemble revient à entretenir un sentiment de frustration dans la police qui tend à chercher le moyen légal de faire justice en direct. Le "plaider coupable" a resseré les liens entre le parquet et les enquêteurs. Lien souvent ressenti par le Siège comme tissé "sur son dos".<br /> C'est encore le siège qui est visé ici. Réfléchissons maintenant sur ce que donnerait une justice entièrement diligentée par le Parquet et la police. C'est à ça que devraient penser les Français dont Sarkozy dit qu'ils sont ses seuls... Juges. Si les électeurs et citoyens se sont émus de l'instruction dite "à charge" d'un juge dans le dossier Outreau, qu'ils imaginent ce qu'en ferait un procureur.<br /> N'oublions pas que la justice peut, potentiellement, concerner tout le monde un jour ou l'autre. Tous les dossiers ne concernent pas des racailles.<br /> Plus que jamais, Nicolas sarkozy se conduit en ami des policiers, premier flic de France, ce qui n'est pas toujours synonyme de justice.<br /> Mieux vaut donner des moyens au ministère de la Justice (qui entretient l'administration pénitenciaire), plutôt le déconsidérer. Je préfère m'imaginer devant des juges que dans une salle de commissariat.
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