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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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L'ESSENTIEL

On s’en serait douté. Le prétendu devoir de « dialogue », le système « d’alarme sociale » et la charte de service public de la SNCF ne sont que des « mots ». Qui s’affichent en gare ou sur les banderoles, mais qui n’engagent que ceux qui les lisent et jamais ceux qui les écrivent. Ainsi, il aura suffi d’une seule rencontre, d’une simple « table ronde », avec Anne-Marie Idrac, la nouvelle présidente de la SNCF, pour que cinq syndicats « décident » d’une grève générale de 24 heures le 8 novembre prochain. Ainsi, on sort tout de suite la grosse « artillerie » au mépris de tous les accords signés.

La nouvelle dame « de fer » aurait-elle été insultante, blessante, écoeurante, dénigrante au point de provoquer cette brusque levée de boucliers de cinq des huit syndicats de cheminots ? Aurait-elle annoncé de nouvelles suppressions d’emploi, un horaire d’hiver plus contraignant, des primes de « présence » modulées, une interdiction de fumer dans les locaux syndicaux, la suppression de machines à café ? Que nenni. Elle aurait été simplement « insuffisante », aux dires des « partenaires » sociaux, sur les grands dossiers du moment, à savoir l’avenir du fret, l’emploi, les salaires et les réorganisations à venir. Même si, au passage, elle a quand même annoncé 400 embauches de plus qu’en 2006.

On croit rêver ! Surtout quand on entend le secrétaire général de la CGT déclarer que madame Idrac n’a pas su répondre aux attentes « sur l’ensemble des dossiers économiques ». Comme si l’expertise syndicale était une assurance de résolutions de tous ces problèmes. Avec une clairvoyance que le monde entier nous envie !

En fait, chacun sait que les dés étaient pipés d’avance et que le dossier des « régimes spéciaux », notamment, était resté en travers de la gorge de la CGT. Didier Le Reste a d’ailleurs clairement affirmé hier que la « défense » du régime de retraites des cheminots  figurerait parmi les revendications de la grève. Ainsi, peu importe que le « bateau coule », que l’activité fret plonge une nouvelle fois dans le rouge vif et que l’ensemble des cotisations sociales des Français soient appelées à augmenter, « l’ essentiel » est de pouvoir partir à 50 ou à 55 ans entre copains et de profiter ainsi de la vie et de la générosité des autres assurés sociaux. Avec, « s’il vous plait », la garantie de l’Etat.

Le syndicat Sud-Rail entend, quant à lui, par cette grève, « contrer la casse du service public ». Le mot magique est ainsi lancé. Il vise à la tête tous les candidats à la Présidentielle, comme s’il voulait déjà mettre tous les cheminots sur les rails des élections.

Quant aux usagers, il ne leur reste plus, désormais, qu’un mois pour s’entraîner à… marcher.

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