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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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SUSPENSIF

Le mouvement olympique est décidément bien représenté en France. Il compte désormais dans ses rangs deux « médaillés » par la Justice. L’un, Guy Drut, a été « gracié » par le président de la République, l’autre, Henri Sérandour, vient d’être condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et à 20.000 euros d’amende pour « prise illégale d’intérêts ». En fait, faute d’avoir personnellement puisé dans la caisse, notre président bien-aimé du comité national olympique et sportif français avait « seulement » attribué des marchés à la société de communication qui venait d’embaucher son épouse. Un drame de l’amour, finalement !

Henri Sérandour n’est pas pour autant suspendu de ses fonctions. Il a d’abord annoncé jeudi qu’il faisait appel de ce jugement et que cet appel était suspensif.  Et, au pire, il doit pouvoir s’attendre à bénéficier de la « jurisprudence Guy Drut » pour services rendus à la nation. Il ne sautait certes pas les haies avec la même agilité que son champion, mais il a su brillamment éviter les obstacles toute sa vie. Ancien moniteur d’éducation physique, ex-directeur des sports de la ville de Dinard, ancien président de la fédération française de natation et, dans le même temps, même si l’épisode est moins connu, responsable des grandes manifestations sportives de la ville de Paris sous Jacques Chirac, cet homme de consensus a toujours su « nager » au milieu des épreuves. Il avait ainsi été mis en cause notamment par la révélation des honoraires « juteux » perçus mensuellement par son épouse, encore elle, lorsqu’elle effectuait des prestations « secrètes » pour le compte de la fédération française des sports de glace, alors en redressement judiciaire. Mais l’affaire a fait « flop ». Ou plutôt « pschitt… ».

Dans un an, Henri Sérandour arrivera au terme de son mandat et, atteint par la limite d’âge, il ne pourra plus, en principe, postuler à sa succession. Il devra alors déménager de son appartement de fonction, rendre sa voiture du même nom et renoncer définitivement à toute rémunération « bénévole ». On comprend donc que, en bon sportif, il prenne son temps et escompte sur les lenteurs de la justice pour ne pas avoir à partir plus tôt du CIO. Ancien champion de water-polo, il sait mieux que quiconque jouer la montre et naviguer… à fleur d’eau.

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