Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
Peut-on encore parler de Dieudonné « l’humoriste » ou doit-on désormais l’appeler Dieudonné « le bouffon » ? La nuance est d’importance car, dans un cas, l’homme est censé faire rire tandis que, de l’autre, il est un personnage de farce, le plus souvent grotesque, utilisé par les rois pour les divertir. Et c’est un peu cette dernière image de pitre à l’italienne que le fantaisiste aux multiples casquettes a donné, hier, en se rendant à la convention présidentielle organisée par le Front National au Bourget.
L’ex-candidat à la Présidentielle y a prôné « la réconciliation nationale », après avoir assuré que sa démarche était seulement motivée par la curiosité. Cette même curiosité qui l’avait aussi poussé à « faire un tour », il n’y a pas si longtemps, à la fête de l’Humanité.
L’individu s’est-il acheté une « conduite » qui l’amène ainsi à naviguer entre deux extrêmes ? Ou bien cherche-t-il à provoquer une nouvelle polémique, voire de nouveaux crachats ? Rien de tout cela en réalité.
Cet ancien candidat aux Législatives 1997à Dreux, contre le Front national, puis aux Régionales en 1998 dans le Centre, avant de vouloir représenter les « Utopistes » à la Présidentielle de 2002, a « imaginé » nouveau tour de piste. Même s’il ne parvient toujours pas à recueillir les 500 parrainages obligatoires, en 2006 comme jadis, pour prétendre jouer les premiers rôles. Il est encore prêt à tout signer, l’appel des « sans-papiers» en 2001 comme la marche des musulmans en colère et, pourquoi pas, demain, le « marathon » des grands réconciliés. Il est enfin, et sera toujours, de tous les combats, même les plus simplistes, lui «qui « préfère le charisme de Ben Laden à celui de George Bush », lui qui estime que « le sionisme c’est le sida du judaïsme ». Mais, « boudé » désormais par les médias, l’humoriste déguisé ou le fantaisiste « abandonné » a décidé de réinventer la publicité par meetings interposés et de s’investir dans une autopromotion qui ne lui coûte rien, embarrasse les autres et oblige à parler de lui.
Car Dieudonné Mbala Mbala cherche simplement à vivre. Voire même seulement à exister. Il a un spectacle à vendre, le 18 décembre, au Zénith, et des milliers de places à proposer pour ce show au titre évocateur de « dépôt de bilan » qui sent la banderole « dernier spectacle », qui barre l’affiche, à plein nez, et à 34 euros la place. Au mépris de toute conviction et sans… parti pris.