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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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SANTE

Alors que chacun se faisait une joie de se mettre à l’heure olympique, et que la fête s’annonçait  belle entre Turin et Sestrières, l’ombre de l’EPO est déjà venue ternir la cérémonie d’ouverture des XXème Jeux d’hiver. Certes, le responsable du ministère italien, en révélant hier que des athlètes avaient été contrôlés positifs lors de tests inopinés, n’a donné ni les noms ni leur nombre, mais on ne se s’empêchera pas de penser que certaines médailles auront des goûts de pharmacopée. Et comme si la coupe n’était pas déjà pleine, on a appris également que huit membres des équipes de ski nordique seront absents, ce matin, des compétitions. Un Français, un Canadien, deux Biélorusses, une Russe, deux Américains et une Allemande médaillée d’or en 2002 ont été priés d’aller se rhabiller pendant cinq jours pour… raison de santé. Ratant ainsi les premières épreuves sans être sûrs de pouvoir disputer les secondes.

Officiellement, il ne s’agit que d’une « mesure sanitaire », une de ces mesures de « protection des athlètes » qui fleure bon la suspicion et entretient le suspense sur des taux d’hémoglobine trop élevés. Mais on a beau savoir que le taux d’hémoglobine peut varier avec l’entraînement en altitude ou s’aggraver avec la prise d’autres agents, on ne peut s’empêcher d’extrapoler. Et, alors que l’on voudrait saluer ce geste tout à la fois prudent et courageux de la fédération internationale de ski, on n’éprouve finalement que tristesse et déception.

Avec ces révélations, les Jeux d’hiver de Turin ne pouvaient débuter de pire manière. Elles prouvent que la compétition fait toujours rage entre produits dopants et produits masquants et que la palme de la victoire peut revenir au plus « intelligent » des compétiteurs, à défaut de revenir au plus ardent. Elles ruinent la confiance dans les performances et les exploits physiques en démêlant difficilement les athlètes authentiques des authentiques tricheurs.

Bref, elles montrent que, pour avoir laissé trop longtemps les apprentis sorciers du sport confondre les ampoules, on en est aujourd’hui réduit à tenter de rallumer la flamme en soufflant sur… la braise.

 

 

 

 

 

 

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D
L'argent pourrit tout... surtout dans le sport ! L'Homme n'a plus guère de place dans les grands rassemblements planétaires. Il est devenu essentiellement une enseigne publicitaire. Et les performances ou records sont principalement étudiés pour relancer le néon quand celui-ci perd de son éclat. Il n'est pas du tout certain que Coubertin reconnaîtrait ses enfants...<br /> L'allongement des calendriers, les nécessités promotionnelles, les salaires démentiels contraignent les sportifs de haut niveau à répondre présent quasi 365 jours sur 365. Ce qui, sportivement s'entend, est totalement impossible. L'organisme humain ne peut tenir un tel rythme, sauf avec apport médical. Et, pour ne pas décevoir le public, la discrétion reste de mise.<br /> Pour dix sportifs de haut niveau "pris la main dans le sac", combien peuvent sourire d'être passés au travers ? Depuis trente ans, le dopage s'est accéléré. La véritable course se passe entre les chercheurs. D'un côté ceux chargés des dépistages, de l'autre ceux s'occupant des produits dopants. Et la médaille va sans aucun doute à ceux faisant évoluer la pharmacopée. Comme le dit depuis vingt ans le Dr de Mondenart, ancien médecin du Tour de France et grand spécialiste de la médecine du sport, "tout est question de moyens et de volonté". Durant la guerre froide, les Américains montraient du doigt les athlètes dopés des pays du rideau de fer. Nul ne pouvait imaginer qu'il en était de même outre-Atlantique. Et pourtant... Le championnat de football américain -entre autres- est peut-être le plus grand laboratoire d'essais du monde. Les responsables du dépistage ont toujours trois ou quatre métros de retard. Les "positifs" sont le plus souvent des garçons en fin de carrière, des "paumés" ou des inconscients, et enfin des "lâchés" qui se sont refusés à jouer le jeu.<br /> Les lumières de la fête se sont allumées hier à Turin pour les jeux d'hiver, elles seront aussi belles cet été en Allemagne pour le football ou dans deux ans à Pékin pour les jeux d'été. Mais combien d'ampoules aura-t-il fallu pour satisfaire tant les publicitaires que les spectateurs chaque jour plus exigeants ?
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K
Je trouve çà vraiment léger de jeter la suspicion sur des athlètes en se basant uniquement sur le taux d'hémoglobine ! Où est la présomption d'innoncence ? Pourquoi ne pas les laisser courir et pratiquer des tests de dépistage ? J'ai lu dans l'Equipe que Gaillard pourrait peut-être courir mardi, si les expertises médicales le permettent... Sous prétexte de lutte anti-dopage, j'ai la fâcheuse impression que l'on cherche des coupables à n'importe quel prix, y compris celui de les priver injustement des Jeux !<br /> <br />
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