Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
45% des Français disent souffrir de fatigue visuelle, soit 12% de plus que l’an dernier. C’est ce qui ressort d’un sondage rendu public hier par l’association nationale pour l’amélioration de la vue. Et cette « photographie » chiffrée est tout autant un indicateur de santé publique qu’un baromètre citoyen. Même s’il s’agit avant tout d’impressions plus que de constatations sanitaires, l’alerte est en effet réelle et doit être prise au sérieux.
Sur un plan médical tout d’abord, il faut remarquer que les Français s’inquiètent plus qu’hier de leur bonne vision des choses. C’est ainsi qu’ils ont été 5% de plus cette année, par rapport à l’année dernière, à faire contrôler leur vue. Et la proportion n’est pas négligeable car elle permet aujourd’hui d’affirmer que plus d’un Français sur deux, et pas seulement les porteurs de lunettes, devient soucieux de ses yeux. Il est vrai que notre vision de près est de plus en plus sollicitée. Le travail sur écran, le jeu sur consoles, la conduite automobile ou la télévision sont autant de coupables désignés là où, jadis, cette pathologie concernait surtout les couturières, les brodeuses et les liseuses. Désormais, plus de 20 millions de personnes se plaignent de fatigue visuelle. C’est le nouveau « mal du siècle » qui touche toutes les générations et détrône même le mal de dos.
Enfin, l’actualité quotidienne n’arrange pas les choses et persuade encore plus tout un chacun qu’il a besoin d’éclaircissement. Tant en vision de près qu’en vision de loin. L’avenir reste pour la majorité d’entre nous tout aussi flou que le présent est bouché. Le chômage baisse, mais les créations d’emplois sont rares; le PNB est en hausse, mais la dette des finances publiques aussi ; les réformes sont urgentes, mais toujours différées. Quant aux leaders politiques, ils sont allègrement en train de se « mélanger les pinceaux » et de brouiller les pistes, au grand dam des commentateurs les plus aguerris. Avec, d’un côté, une « Ségolène » qui fait appel à l’armée et, de l’autre, un « Nicolas » qui veut subventionner le culte musulman. C’est le monde inversé. Et les extrêmes de tous bords en restent bouche bée… Bref, 60 millions de Français n’y comprennent plus rien et ont l’impression de « naviguer » dans le brouillard. Quant au crédit de la France à l’étranger, il s’éloigne, lui aussi, à… perte de vue.