Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
La France d’en bas se réveille ce matin avec la gueule de bois. L’optimisme des « Bleus qui gagnent » et du « CNE qui emploie » a fait long feu. Et, de « l’Equipe » aux « Echos », les Français ont la vague sensation aujourd’hui d’avoir été massivement trompés. Non seulement la bande à Zidane apparaît déjà fatiguée, mais les 500.000 contrats nouvelle embauche signés ne sont que rideau de fumée. Ribery n’a pas sauvé les blacks-blancs-beurs ; Matignon n’a pas révolutionné l’emploi.
Que n’avait-on pourtant entendu ! Sur les talents des uns et les bienfaits des autres. Mais, dans l’un et l’autre des cas, il y a loin de la coupe aux lèvres. Hier soir, l’équipe de France de football a raté son entrée dans le mondial, après avoir déjà raté sa préparation et bâclé sa communication. Ce matin, la France du chômage baisse de nouveau la tête, après avoir fondé beaucoup d’espoir et cru aux effets d’annonce. Selon l’étude réalisée par le ministère de l’Emploi et publiée par « Les Echos », seuls 10% des CNE signés correspondent à de véritables créations d’emploi et 30% de ces nouveaux contrats ont déjà été rompus. Au final, il n‘y aurait eu que 44.000 créations d’emplois. On passe ainsi du triomphalisme délirant du Premier ministre, déclarant lundi à qui voulait l’entendre que les 500.000 CNE signés…étaient des emplois « qui n’auraient pas été signés sans ce nouveau dispositif », à la triste réalité du mercredi.
Mais le pire est sans doute que l’on nous a menti. En voulant nous faire croire qu’une équipe de pré-retraités pouvait encore gagner la Coupe du Monde. Après avoir volontairement éliminé du groupe les Pirès, Anelka, Micoud, Giuly, Mexès, Dacourt et quelques autres. Le pire est sans doute aussi que les chiffres de l’emploi ont été manipulés. En voulant nous persuader que le chômage baissait depuis des mois grâce au nouveau contrat à disposition des PME. Après avoir volontairement éliminé toutes les barrières aux licenciements.
Dans les deux cas, il s’agit d’un mensonge d’Etat. Finalement, ce n’est pas la seule faute à une équipe suisse si la France se réveille à terre et si drapeau et moral sont de nouveau… en berne.